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Des Irakiens se recueillent sur le cercueil d'une victime tuée lors du double-attentat suicide à Bagdad le 21 janvier 2020, qui a causé la mort de 32 personnes.

L'Irak peut-il venir à bout de l'Etat islamique ?

11 min
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Après trois ans de relatif répit, Bagdad a été frappée en son cœur, la semaine dernière. L'attentat qui a fait 32 morts, des civils, a été revendiqué par l'Etat islamique, de retour depuis 2017-18 à la clandestinité. Donc à sa première vie. Entretien avec la politologue Myriam Benraad.

Des Irakiens se recueillent sur le cercueil d'une victime tuée lors du double-attentat suicide à Bagdad le 21 janvier 2020, qui a causé la mort de 32 personnes.
Des Irakiens se recueillent sur le cercueil d'une victime tuée lors du double-attentat suicide à Bagdad le 21 janvier 2020, qui a causé la mort de 32 personnes. Crédits : ALI NAJAFI / - AFP

Si l’Etat islamique mettait son énergie et ses moyens dans ses branches extérieures, depuis la perte de son « califat » (en Syrie en mars 2019 mais quelques mois plus tôt en Irak, fin 2017), il parait décidé à montrer qu’il ne s’est pas effacé de son centre névralgique.

L’attentat de la semaine dernière en était très certainement une dramatique démonstration : 32 civils sont morts en plein centre de Bagdad.

La réaction du gouvernement irakien est sans retour : exécution, sur exécution, notamment à la prison de Nassyria où sont envoyés les condamnés à mort…

L’Irak ne parvient pas pour l’instant à se protéger de l’insurrection armée et la coalition anti-Daech s’est réduite à peau de chagrin.

Des dizaines de milliers de combattants présents en zone syro-irakienne au moment de l'apogée de l'État islamique en 2014, il n'y a plus grand monde. Il reste quelques centaines de combattants étrangers. Beaucoup d'autres se sont dispersés vers l'Afghanistan, vers d'autres théâtres de conflits ou alors ils sont tout simplement rentrés. Cependant, l'État islamique est une mouvance locale très profondément ancrée dans le paysage irakien, et ses partisans parmi les populations sont certainement beaucoup plus nombreux qu'ils ne l'étaient il y a quelques années au moment où on a clamé la victoire, pour la simple et bonne raison qu'il n'y a eu aucune reconstruction, aucun retour de l'État, et que leur situation s'est au contraire dégradée.       Myriam Benraad

Contre l'Etat islamique, l'armée irakienne a repris la main en 2017. Mais elle est toujours dans une confrontation violente contre les djihadistes. On a aussi les forces de la fameuse mobilisation populaire, qui se sont en partie débordées, mais qui restent structurées autour de milices bien présentes sur le terrain. Les Kurdes, aussi... Ils ne le sont pas actuellement parce que la région n'est plus menacée comme elle l'a été en 2014, mais ils sont tout à fait capables de remobiliser, si besoin est. Mais les djihadistes sont une insurrection clandestine qui opère de manière asymétrique. Les Irakiens comptent beaucoup sur le renseignement qui est monté en puissance de leur côté, il est vrai. Mais on parle encore une fois d'hommes qui sont des locaux, des Irakiens qui connaissent parfaitement le terrain, les villes, etc. Qui ont des moyens de nuisance extrêmement élevé.       Myriam Benraad

Intervenants
  • Chercheuse associée à l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (Iremam), Université d’Aix-Marseille
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