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Nechirvan Barzani, 56 ans, nouveau Président de la région semi-autonome du Kurdistan, lors d'une conférence de presse à Erbil le 4 octobre 2018 (il était alors Premier Ministre)

Irak - Kurdistan : quelle distance entre Bagdad et Erbil ?

10 min
À retrouver dans l'émission

L'élection hier de Nechirvan Barzani à la présidence du Kurdistan irakien met fin à 8 mois de négociations. Le représentant de la branche "modérée" du PDK est censé apaiser la vie politique kurde et normaliser ses relations avec Bagdad pour relancer l'économie.

Nechirvan Barzani, 56 ans, nouveau Président de la région semi-autonome du Kurdistan, lors d'une conférence de presse à Erbil le 4 octobre 2018 (il était alors Premier Ministre)
Nechirvan Barzani, 56 ans, nouveau Président de la région semi-autonome du Kurdistan, lors d'une conférence de presse à Erbil le 4 octobre 2018 (il était alors Premier Ministre) Crédits : Safin Hamed - AFP

Un an et demi après la démission de Massoud Barzani, premier président de la région autonome, son neveu Néchirvan Barzani a été élu à son tour le mardi 28 mai. Une nouvelle tête pour le Kurdistan irakien qui aura la difficile double tâche d'apaiser la vie politique kurde tout en essayant de renouer avec Bagdad. Âgé de 52 ans, ce dernier a déjà une longue expérience en politique et de puissants relais au sein du PDK (Parti démocratique du Kurdistan) et du GRK (Gouvernement régional du Kurdistan).

Cette élection s'inscrit dans la continuité car Nechirvan Barzani fait parti du système politique kurde depuis 1991. (...) Mais c'est aussi une rupture : Barzani s'inscrit dans la branche du PDK qui est pour l'ouverture sur le monde, pour la modernisation du pays, la libéralisation du Kurdistan irakien et la normalisation de ses relations avec Bagdad, Ankara et Téhéran.

C'est lors d'un vote au Parlement local - par ailleurs boycotté par l'UPK, principal parti d'opposition - que Néchirvan Barzani, jusque là premier ministre, a été élu, obtenant 68 voix sur 111. Une faible légitimité donc, d'ailleurs remise en question au regard de la vie politique kurde traversée par des conflictualités d'ordres politique, culturel, géopolitique et administratif. 

L'UPK gère en effet depuis 1991 le sud du Kurdistan irakien (où se situe la région de Kirkouk, territoire disputé entre Bagdad et Erbil), sous l'emprise de la République Islamique d'Iran. Alors que le PDK administre le nord du Kurdistan irakien, sous emprise de la Turquie d'Erdogan. 

Des points de dissension entre l'UPK et le PDK

Cette division engendre de profonds désaccords entre les deux partis. Plusieurs points de dissension sont effectivement évoqués entre ces partis-clans comme, notamment, la nomination du gouverneur de Kirkouk ou la place accordée par le PDK dans le futur gouvernement régional au petit parti Gorran dont la base électorale se situe sur les territoires de l'UPK. Surtout, ce dernier accuse son adversaire politique d’être revenu sur l’accord passé en amont du scrutin et a réclamé un accord de partage du pouvoir clair avec ce dernier.

Le parti-clan renforce sa domination sur la région

L’élection de Nechirvan Barzani, suivi par la future nomination de son cousin Masrour Barzani au gouvernement permet de renforcer la domination du parti-clan sur le gouvernement régional du Kurdistan. Le PDK était en effet sorti renforcé des élections législatives pour le Parlement local de septembre 2018, malgré l'échec du référendum d'autodétermination du Kurdistan irakien un an auparavant.

Ce référendum avait massivement été gagné par le "oui", engendrant des représailles de Bagdad comme la reconquête des territoires disputés que les kurdes avaient libérés de l'État islamique. 

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Intervenants
  • directeur du département recherche de l'Institut de Recherche et d'Études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), directeur du Centre de Sociologie de l'Irak (CSI/ Université de Soran)
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