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Un Boeing 737-700 (143 passagers) de la Southwest Airlines, sur le tarmac de l'aéroport d'Oakland

Alliance Airbus-Bombardier, quelle portée et quelle envergure ? Un mariage arrangé ?

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Les autorités canadiennes se justifient, dix jours après l’annonce d’un partenariat inédit entre les avionneurs Airbus et Bombardier : la semaine dernière une fuite bien organisée révélait à Reuters que le gouvernement du Canada avait poussé Bombardier vers les européens plutôt que vers les chinois.

Un Boeing 737-700 (143 passagers) de la Southwest Airlines, sur le tarmac de l'aéroport d'Oakland
Un Boeing 737-700 (143 passagers) de la Southwest Airlines, sur le tarmac de l'aéroport d'Oakland Crédits : CLAUDIA PACHECO / NOTIMEX - AFP

Ce rapprochement conclu en pleines re-négociations de l’ALENA (traité de libre-échange Nord-américain) prévoit qu’Airbus récupère 50,01 % de Bombardier, pour produire et commercialiser un moyen-courrier canadien à bas coûts : le CSeries.

Il comporte au moins trois dimensions :

- Levier diplomatique face aux Etats-Unis, dans le contexte des négociations sur l’ALENA et du rapprochement transatlantique (accord CETA) : les Etats-Unis avaient bloqué les ventes sur le territoire en imposant des droits de douanes de 300 % sur l’appareil.

- Planche de salut pour Bombardier qui a investi 6 milliards de dollars dans le programme, et Airbus, en manque de débouchés pour ses gros porteurs – emais surtout très empêtré dans des enquêtes de corruption.

- Tête de pont commerciale, face à la concurrence américaine, brésilienne (avioneur Embraer), à plus long terme chinoise (COMAC) et russe (UAC) sur le marché des moyens courriers.

Bombardier cherchait depuis longtemps un partenaire. Il avait effectivement entamé des négociations avec la COMAC et en début d’année, à un moment où Airbus avait refusé de s’engager. Aujourd’hui, le constructeur européen parle d’un accord « gagnant-gagnant » et n’investit aucun fonds supplémentaire... tout en récuprérant un avion concurrentiel.

Ce revirement et cette conclusion in extremis ne révèlent-ils pas des acteurs plus fébriles qu’ils en ont l’air ?

Quelques vidéos pour éclairer en images le thème d'aujourd'hui:

Sur la chaîne France3, découvrez le Comac 919, l'avion qui veut faire décoller la toute jeune alliance aéronautique russo-chinoise (Commercial Aircraft Corporation of China - Comac et United Aircraft Corporation - UAC) et se pose immédiatement en concurrent mondial des grands constructeurs occidentaux... Boeing, Airbus et Bombardier :

Sur les chaînes TV5 Monde et Euronews, un bref résumé de la guerre qui s'est déclarée cet automne entre l'américain Boeing et le canadien Bombardier, auquel vient de s'allier l'européen Airbus :

"Le fruit de 10 ans de travail du génie québécois a été donné à un concurent étranger", c'est la réaction politique entendue il y a une dizaine de jours au Québec. Voici l'intégralité du point de presse tenu par Jean-François Lisée, chef de l’opposition québécoise, et par Alain Therrien, porte-parole de l’opposition en matière d’économie :

Puis la réaction du président exécutif du conseil de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP), un important think thank québécois, diffusée dans le journal canadien TVA Nouvelles:

Intervenants
  • spécialiste aéronautique et aviation à Radio-Canada et au Canal Argent de TVA et rédacteur en chef à Montréal du blog InfoAéroQuebec.net
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