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Une partie de l’avenir de l’unité espagnole se joue aussi jusqu'au vote du 21 décembre dans un des pays fondateurs de l'Union européenne : en Belgique, où les indépendantistes catalans reçoivent le soutien de séparatiste flamands

Espagne : après l’annonce des listes électorales pour les élections catalanes, Puigdemont a-t-il perdu son pari ?

11 min
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Une population divisée, des institutions que l’on ne contrôle plus, une partie des dirigeants en fuite ou incarcérés : deux semaines après la déclaration d’indépendance, c’est la situation de la Catalogne aujourd’hui.

Une partie de l’avenir de l’unité espagnole se joue aussi jusqu'au vote du 21 décembre dans un des pays fondateurs de l'Union européenne : en Belgique, où les indépendantistes catalans reçoivent le soutien de séparatiste flamands
Une partie de l’avenir de l’unité espagnole se joue aussi jusqu'au vote du 21 décembre dans un des pays fondateurs de l'Union européenne : en Belgique, où les indépendantistes catalans reçoivent le soutien de séparatiste flamands Crédits : CITIZENSIDE / OLIVIER GOUALLEC - AFP

Ces dernières semaines ont montré l’échec de la stratégie de vote et déclaration, Madrid résiste et les non-indépendantistes auparavant silencieux protestent désormais. Le sort d’une partie des autorités politiques catalanes est désormais suspendu à une décision judiciaire : hier c’est la présidente du Parlement Catalan Carme Forcadell, poursuivie pour « rébellion » qui a été emprisonnée (puis libérée en versant une caution de 150.000 € !)

La fuite en Belgique de Carles Puigdemont témoignait encore de la volonté d’internationaliser le problème, mardi dernier à Bruxelles il prenait encore l’Union Européenne à témoin en parlant d’un « coup d’Etat » de Madrid ; mais jusqu’ici il n’a pas obtenu le soutien étranger escompté, la crise reste cantonnée à l’Espagne : « débat hispano-espagnol » disait Jean-Claude Juncker au lendemain du vote Catalan.  

Le prix de cet échec stratégique sera-t-il aussi une défaite politique pour les partis indépendantistes ? Ils se présentent divisés pour les élections anticipées convoquées par Mariano Rajoy le 21 décembre après le retrait de la CUP, le parti d’extrême gauche de la coalition Junts Pel Si « Ensemble pour le Oui ». La situation est incertaine, le risque d’une radicalisation n’est pas exclu.  

Après le coup politique et la réponse institutionnelle, est-ce déjà la fin de cette tentative de révolution catalane ?

Quelques vidéos pour éclairer en images le thème d'aujourd'hui :

Le monde est parvenu à nous résumer en 3'30" les tenants et les aboutissants de cette crise qui trouve ses racines dans le refus du Parti Populaire (PP) de respecter les engagements pris en 2003 par le gouvernement socialiste (issu du PSOE) :

Le système politique espagnol est particulier. Retrouvez dans cette vidéo, le décryptage de cette monarchie constitutionnelle.

Les deux têtes d'affiche de cet affrontement intra-espagnol se battent à la fois sur le terrain électoral et constitutionnel, mais surtout par le biais de déclarations audiovisuelles très peu conciliantes :

Très écoutée chez nous, la maire de gauche radicale de la capitale régionale, élue du parti Podemos totalement défavorable à l'indépendance catalane, n'a pourtant pas hésité à demander la démission du premier ministre espagnol, coupable "de n'avoir offert aucune solution politique à la crise et d'avoir poussé, par son intransigeance", les indépendantistes à organiser le référendum régional : 

Réalisé juste avant l'emballement survenu au moment du référendum, la chaîne arte a réalisé cet intéressant reportage, réunissant de nombreux témoignages où des catalans se racontent :

Intervenants
  • politologue spécialiste de l'Espagne et enseignante et chercheure en géopolitique à l'Université de Paris-VIII
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