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Manifestation du Parti Socialiste Baath au Liban avant-hier

Liban. Les conséquences de la guerre civile syrienne.

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Le Liban reste une caisse de résonance de tous les conflits de la région. Après cinq ans de guerre civile en Syrie, le Liban reste profondément otage des puissances de la région.

Manifestation du Parti Socialiste Baath au Liban avant-hier
Manifestation du Parti Socialiste Baath au Liban avant-hier Crédits : Ali Hashisho - Reuters

D’abord, depuis quarante-neuf ans, il est otage du conflit israélo-palestinien : on marquera l’année prochaine le cinquantenaire de l’occupation des territoires palestiniens et du Golan syrien.

Ensuite, otage du conflit interne syrien, guerre civile largement régionalisée et internationalisée, comme il avait été prévu par la communauté des experts. Le Liban a accueilli plus d’un million de réfugiés syriens.

Enfin, depuis quelques jours, l’Arabie Séoudite et les autres pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont déclaré « terroriste » le Hezbollah chiite pro-syrien, accusé entre autres d’agiter la communauté chiite en Arabie Séoudite. De plus, Riyad a suspendu la livraison d’armements français achetés par Beyrouth et, comme les autres membres du CCG à l’exception d’Oman, a demandé à ses concitoyens de quitter le Liban.                                                                              Th. G.

Manifestation du Hezbollah au sud du Liban le 2 mars 2016
Manifestation du Hezbollah au sud du Liban le 2 mars 2016 Crédits : Ali Hashisho - Reuters

Puni par Ryad à cause de la position antisaoudienne du mouvement proiranien Hezbollah, le Liban paie le prix du bras de fer entre l'Arabie saoudite et l'Iran, les deux poids lourds rivaux des courants religieux sunnite et chiite qui marquent la fracture meurtrière au Moyen-Orient, et qui sont à l'origine de l'émergence de l'Etat Islamique en Irak et en Syrie.

La suspension d'une aide de quatre milliards de dollars, suivie des consignes du royaume saoudien à ses ressortissants de quitter le Liban, puis le classement du Hezbollah comme "organisation terroriste" pour la première fois par l'ensemble des monarchies arabes du Golfe, ont pris de court Beyrouth qui craint d'autres mesures punitives. Mais la véritable crainte concerne le sort des centaines de milliers de Libanais de différentes confessions, y compris chiite, qui vivent et travaillent dans les monarchies du Golfe, principalement en Arabie saoudite. Il y a quelque 500.000 Libanais qui travaillent dans le Golfe dont 300.000 en Arabie saoudite. Le Hezbollah, poids lourd du gouvernement libanais, n'a cessé de multiplier ses invectives contre l'Arabie saoudite, dénonçant ses "crimes" au Yémen contre les rebelles chiites proiraniens ou accusant Ryad d’œuvrer pour une "sédition entre sunnites et chiites".

Pendant ce temps, Beyrouth est, depuis plus de sept mois, noyée sous ses propres déchets. Les élus de la municipalité n'avaient pas pris la peine d'anticiper la fermeture de la seule décharge qui récoltait les déchets de la ville et de sa banlieue, pas plus que la fin du contrat avec l'entreprise de ramassage d'ordures. Depuis, les poubelles s'accumulent un peu partout, notamment dans tous les espaces naturels qui sont littéralement inondés d'ordures nauséabondes. Les autorités envisagent désormais d'exporter les déchets dans un pays étranger, encore non déterminé. En attendant, les habitants s'improvisent éboueurs.

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