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Dans plusieurs pays d'Europe, la liberté d'informer est menacée : Malte, Chypre, Pologne, Montenegro, Hongrie... et même en Espagne, comme en témoigne cette manifestation contre une nouvelle loi, à Madrid il y a 10 jours seulement !

Liberté de la presse et veille citoyenne dans le monde

19 min
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80 journalistes tués, 380 en détention, 60 retenus en otage dans le monde... Ce sont les trois chiffres qui ouvrent un triste rapport. Des chiffres en hausse. Autre chiffre qui fait froid dans le dos : 61 % des journalistes assassinés en 2018 ont été sciemment visés, en raison de leur profession...

Dans plusieurs pays d'Europe, la liberté d'informer est menacée : Malte, Chypre, Pologne, Montenegro, Hongrie... et même en Espagne, comme en témoigne cette manifestation contre une nouvelle loi, à Madrid il y a 10 jours seulement !
Dans plusieurs pays d'Europe, la liberté d'informer est menacée : Malte, Chypre, Pologne, Montenegro, Hongrie... et même en Espagne, comme en témoigne cette manifestation contre une nouvelle loi, à Madrid il y a 10 jours seulement ! Crédits : GABRIEL BOUYS - AFP

Constat qui rejoint d’ailleurs celui de vos homologues américains, Christophe Deloire, du Comité pour la protection des journalistes selon qui les assassinats de représailles à un travail journalistique ont presque doublé cette année et qui fait état aussi d’une augmentation du nombre de journalistes tués dans l’exercice de leurs fonction.

Les chiffres, qui sont tous en augmentation, traduisent une poussée de violence contre les journalistes, qui est liée au fait que tous ceux qui enquêtent sur des affaires sensibles, qu’il s’agisse d’environnement, de corruption, de discriminations, d’évasion fiscale (y compris en Europe), ou les groupes mafieux (30 journalistes assassinés en deux ans) sont gravement mis en danger…      Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans Frontières

On peut noter l’apparition d’un pays comme les Etats-Unis dans les 6 pays les plus meurtriers, derrière l’Afghanistan et la Syrie et ex-aequo avec l’Inde.

Et s'apercevoir que plus de la moitié des meurtres de journalistes surviennent dans des pays en  paix, là encore il s'agit d'un constat de Reporters sans frontières.

Il y a une autre  menace qui est dangereuse, au point qu’on peut se demander si on n’est pas arrivé à un point de rupture : il y a une montée de l’hostilité contre les journalistes, largement entretenue par des responsables politiques, mais qui est aussi parfois simplement spontanée. Et puis, il y a une montée de nouvelles normes, des « anti-normes », portées par des dirigeants de contre-modèles politiques, qui font que des agents, travaillant pour un Etat, se sont permis cette année d’assassiner un journaliste      Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans Frontières

On peut aussi parler des journalistes incarcérés : 348 dans le monde. Là aussi le chiffre est en légère hausse, la Chine étant le pays qui emprisonne le plus.

On peut se dire que les mots sur Twitter, ça ne porte pas à conséquence, mais on voit que cette violence verbale  commence à porter des conséquences très graves. Si les États-Unis sont en 2017 à la cinquième place des pays où des journalistes ont été tués, c’est à cause d’un déséquilibré qui avait proféré sa vengeance sur Twitter et, un jour, il est passé des mots aux actes.     Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans Frontières

Et il y a cette semaine, le procès en appel de deux journalistes birmans, qui , pour l’agence de  presse Reuters enquêtaient sur un massacre de civils Royingas que l’armée Birmane a perpétré, massacre reconnu par l’armée d’ailleurs. Ils ont été condamnés à 7 ans de prison pour « atteinte au  secret d’Etat ». Leur procès en appel s’est ouvert ce lundi.

Les Etats démocratiques avaient mis en place des lois sur les médias, invisibles du grand public, qui avaient des vertus en apportant des garanties en matière d’indépendance éditoriale et d’honnêteté de l’information.  Aujourd’hui on est dans une sorte de jungle informationnelle, où règnent des prédateurs. Donc il est absolument essentiel de reposer des garanties dans cet espace de l’information qui est désormais globalisé et digitalisé, pour éviter une concurrence faussée qui favorise la fausse information [fake news] par rapport à l’information vraie. Le fonctionnement algorithmique finit par favoriser ce qu’il y a de plus extrême, de plus polarisant et de plus passionnel… Une étude récente du MIT prouve que les informations fausses ont un potentiel viral six fois supérieur aux informations vraies.     Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans Frontières

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Classement mondial 2018 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières
Classement mondial 2018 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières Crédits : Sébastien CASTERAN, Jean-Michel CORNU - AFP
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