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Mali. Prise d'otage de Bamako : quels terroristes pour quelle cible ?

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À retrouver dans l'émission

L'attaque de Bamako pose un certain nombre de questions alors que le chef de la MINUSMA s’inquiétait d’une augmentation des attaques vers le Sud du Mali… Une semaine après les attaques de l'Etat Islamique sur Paris, et pendant que Bruxelles essaie toujours d'éviter un événement similaire... C'est Bamako qui était touchée par une attaque terroriste avec la prise d'otages des 170 personnes – employés et clients d'un grand hôtel de marque occidentale, le Radisson Blu... Bilan au bout d’une journée : 19 otages et deux assaillants tués... Parmi eux 14 étrangers et un gendarme malien...

Encore une attaque dans une capitale donc... C'est aussi l'Etat d'urgence... Et même si le site d’info Malijet n’hésite pas à faire le rapprochement, il faut distinguer les situations :

D’abord le Mali reste dans une situation de quasi guerre, les plus de 4500 km de frontières de désert au N sont toujours parcouru par des centaines de combattants jihadistes...

Ensuite ici au Mali, pas question de Daech, c’est Al Qaeda qui en a fait depuis 10 ans une de ses têtes de pont en Afrique... Ses combattants sont locaux ou régionaux, des touaregs, mauritaniens ou algériens et non des syriens, belges ou français...

Enfin depuis 2013 les troupes françaises (et étrangères) sont présentes dans la région 600 soldats français au Mali, 3000 dans la zone Sahel…

Il faut ajouter aussi l'incertitude sur le nombre exact de terroriste et leurs moyens, et sur la revendication une 1ère revendication d'un groupe appelé Al Mourabitoune – un des 3 groupes jihadistes lié à Al Qaeda au Maghreb connu au Sahel – qui demande la libération de prisonniers et le départ des soldats français au Mali... Et, hier, RFI informait qu'un communiqué d'un autre groupe lui a été envoyé : le Front de Libération du Macina, officialisé en janvier avec deux attaques sur des localités du milieu du pays...

Aucun de ces groupes jihadiste n'a signé les accords de paix et la menace sécuritaire se déplace, du Nord vers le Sud... La réponse militaire ne suffira pas seule : Antonin Tisseron rappelle que rien ne sera réglé sans un soutien social et politique en faveur des différentes populations maliennes.

Xavier Martinet

Malian security officials show a jihadist flag they said belonged to attackers in front of the Radisson hotel in Bamako
Malian security officials show a jihadist flag they said belonged to attackers in front of the Radisson hotel in Bamako Crédits : Reuters
Intervenants
  • chercheur à l'Institut Thomas More, spécialiste des questions de défense au Sahel
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