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La situation de détresse n'est pas nouvelle dans ce département français, comme le montre cette photographie de réfugiés vivant par terre, prise il y a un an sur la Place de la Republique à Mamoudzou

Mayotte – Comores - Paris : le triangle exquis?

12 min
À retrouver dans l'émission

Six semaines de crise dans le 101ème département français et un imbroglio diplomatique entre la France et l’Union des Comores : le sort de Mayotte et de ses migrants pèse sur la diplomatie française – ou l’inverse ?

La situation de détresse n'est pas nouvelle dans ce département français, comme le montre cette photographie de réfugiés vivant par terre, prise il y a un an sur la Place de la Republique à Mamoudzou
La situation de détresse n'est pas nouvelle dans ce département français, comme le montre cette photographie de réfugiés vivant par terre, prise il y a un an sur la Place de la Republique à Mamoudzou Crédits : ORNELLA LAMBERTI - AFP

RETROUVEZ DES COMPLÉMENTS D'INFORMATION SUR LA SITUATION DANS L'ARCHIPEL DES COMORES SUR NOTRE PAGE DU VENDREDI 30 MARS 2018

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La crise mahoraise a atteint un palier diplomatique avec la convocation hier de l'Ambassadeur des Comores convoqué à Paris, le Quai d’Orsay jugeant « gravement préoccupant » le refus des Comores de recevoir les migrants refoulés de Mayotte. Finalement le Ministère déclare qu’un accord a été trouvé, ce qui n’est pas encore à cette heure confirmé par le gouvernement comorien. La question migratoire tend les relations entre les deux pays et celle de Paris avec son 101ème département : après six semaines de conflit social, 15 barrages routiers étaient encore en place cette semaine. 

C’est la deuxième fois depuis 2016 que les migrants venants du reste de l’archipel des Comores sont au cœur des tensions, la troisième que l'île connaît une grève générale depuis son passage en département  en 2011.

Pour certains, le problème se résume à une Méditerrannée à échelle réduite :  Mayotte, 370 km² – et quoi que pauvre – est attirante  pour une population comorienne sans travail ni services sociaux. Mais  contrairement à la Méditerranée, les population ont historiquement  l’habitude de se déplacer entre les 4 îles de l’archipel des Comores, voisines de quelques dizaines de km chacune. Depuis  le « visa Balladur » de 1995, la France interdit la libre-circulation  dans l’archipel. 

La pression sur Mayotte est forte : plus de 40 % de la population de l’île est considérée illégale et la population est excédée par l’insécurité qu’elle lie aux migrants. Pour la première fois cette semaine, des « décasages » violents se sont produits : des «descentes»  populaires chez les émigrés comoriens. Et cette fois des habitations ont été incendiées. Les tensions sont d’autant plus fortes que Mayotte peine à aligner ses prestations et son économie sur la métropole (¼ des habitants est au chômage).

Comme l’Europe en Méditerranée, la France tente d’empêcher l’arrivée des  migrants comoriens : un accord avait été conclu en 2013 mais le refus récent de l’Union des Comores de recevoir les navires refoulés est une difficulté de plus pour le gouvernement français.  

La crispation sur la question migratoire empêchera elle une solution à long terme, ou l’induira-t-elle ? Mayotte est toujours revendiquée par l’Union des Comores et la souveraineté française est contestée et aux limites de la légalité internationale (plusieurs  résolutions de l’ONU « recommandent » à la France de ne pas s’imposer à  Mayotte). A qui profite le pourrissement ? 

@TEnjeux @XXMonde 

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