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Murs, barrières, lignes de séparation : les points de blocage de l’émigration.

8 min
À retrouver dans l'émission

Les ouvrages destinés à freiner ou à empêcher les flux de réfugiés sont de plus en plus nombreux dans le monde. D’une façon générique, on a souvent coutume de les appeler des murs, mais ces verrous (de plus en plus urbains) prennent des formes très différentes.
Murs en béton (mur de Berlin) clôtures de barbelés (rideau de fer) mur israélien contre les Palestiniens et mur Israël-Égypte contre les immigrés clandestins quartiers séparés en Irlande du Nord (Belfast) mur entre la Hongrie et la Serbie, projet de mur entre la Hongrie et la Roumanie clôture Inde-Bangladesh mur de sable (Maroc-Sahara occidental, installations entre l’Irak et l’Arabie Séoudite) grilles à Ceuta et Melilla (Espagne-Maroc) ou à Gibraltar (Royaume-Uni-Espagne) sas improvisés (Calais en France, Lampedusa en Italie, Canaries en Espagne…) projet d’une barrière Israël-Jordanie contre les djihadistes ouvrages divers le long du Rio Grande (États-Unis-Mexique) lignes de cessez-le-feu zones démilitarisées (entre les deux Corée) lignes de contrôle Inde-Pakistan, etc.

Quelle fonction, militaire et civile, remplissent ces ouvrages, continus ou discontinus ? Quelle efficacité ? Quels débats sécuritaires soulèvent-ils ?

Migrants stand on a control tower close to a migrant collection point in Roszke, Hungary
Migrants stand on a control tower close to a migrant collection point in Roszke, Hungary Crédits : Reuters

Des dizaines de murs anti-migrations ont été érigés dans le monde.Au Royaume-Uni , le magazine The Economist publie une carte interactive de la quarantaine de mur et grillages frontaliers identifiés sur les cinq continents ! Une découverte ludique d’un monde qui se referme… partout autour du monde !

Mais pourquoi ces murs frontaliers sont-ils finalement tous un échec ? C’est au Liban , réceptacle involontaire de plus d’un million de Syriens mais également pays voisin du mur israélien de séparation avec la Palestine, que la question est posée.

En Belgique , on a recensé jusqu’à 65 murs construits tous azimuths. On y parle de l'auteur du livre "Murs, voyage le long des barricades", Marcello Di Cintio, qui évoque la tribu indienne d'Amérique Tohono O'odham, dont certains sont morts, apparemment de chagrin, quand le mur séparant le Mexique des États-Unis les a coupés de certains de leurs sites sacrés. Leur histoire fait écho à ce que le psychologue berlinois Dietfried Muller-Hegemann avait baptisé dans les années 70 "la maladie du mur", avec de forts taux de dépressions, d'alcoolisme et de violences familiales chez ceux qui vivaient dans l'ombre du mur séparant la ville en deux.

Au Royaume-Uni , le seul pays au monde qui renvoie le problème de ses migrants par un « mur » déporté en face de chez lui, de l’autre côté des rives de la Manche, le même avis prédomine auprès des spécialistes de la question : 'Fences won't put anyone off' ("les barbelés n'éloignent personne")

Et aux Etats-Unis , cette problématique d’un mur anti-migrants mexicains est l’un des thèmes favoris du candidat Donald Trump, toujours en tête des sondages pour l’investiture républicaine. Mais des voix contraires s’élèvent aussi pour réaffirmer clairement que le pays s’est toujours construit sur les afflux de migrants depuis les premiers Irlandais et Allemands, jusqu’aux Siciliens et Portoricains : America’s immigration ‘dumping ground’ contributes to vibrancy and growth.

Mais la campagne électorale américaine a déterré également un vieux fantôme : la frontière entre les États-Unis et le Canada pourrait-elle un jour être séparée par un interminable mur de 9000 kilomètres ? Le candidat à l'investiture républicaine Scott Walker a lancé ce pavé dans la mare dimanche dernier !

Et le magazine Slate fournit, à destination de ses lecteurs américains un peu perdus dans ce micmac anarchique au sein même d’une Union Européenne totalement désunie, un éclaircissement synthétique des attitudes de divers gouvernements des pays européens...

Retrouvez les émissions de cette "journée sur les routes de l'exil" en cliquant sur les points associés aux lieux abordés à l'antenne, dans cette carte interactive (et le programme complet de la journée, ainsi que 6 cartes pour comprendre la situation, sur cette page) :

Entretien avec Elisabeth Vallet, auteur de Border, Fences and Walls States of Insecurity

Intervenants
  • professeur associée de géographie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)
L'équipe
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