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AG de l'ONU : le multilatéralisme est-il si menacé?

10 min
À retrouver dans l'émission

La 73ème réunion annuelle de l’Assemblée Générale de l’ONU et ses différents organes débute aujourd'hui à New York. 130 dirigeants prendront part à cette tribune : un record de participation, alors que le contexte politique international est pourtant plus tendu

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Le regain des autoritarismes est un sous-produit d'une gouvernance internationale disfonctionnelle. La crise financière systémique de 2008 et l'actuelle crise des migrations ont produit des mouvements populistes et nationalistes qui font le lit de l'autoritarisme :  nous sommes entrés dans un cercle vicieux.        Guillaume Devin 

C’est demain que les dirigeants parleront à la tribune de l'Assemblée Générale et pour une fois, la « grande messe » de la sécurité collective portera bien son nom, puisqu’il s’agira avant tout d’obtenir un engagement des états à défendre le système multilatéral. La rhétorique sera-t-elle plus consensuelle que l'année dernière, en pleine tension entre Etats-Unis et la Corée du Nord ? 

Parmi les moments déjà annoncés : le discours de Donald Trump « qui attirera comme jamais l’attention », ou celui d’Emmanuel Macron, qui plaidera pour un « multilatéralisme fort » – avant la présidence française du G7 en 2019. Du moins cette assemblée sera la plus nombreuse jamais réunie : plus de 130 dirigeants (84 présidents, 44 ministres et 4 vice-présidents). Malgré certaines absences notables, Vladimir Poutine, Xi Jinping, d'autres feront leur première apparition tel le président cubain Miguel Diaz Canel, successeur de Fidel Castro ou également Jean-Claude Juncker. 

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Un an après les propos remarqués de Donald Trump à la tribune, le contexte international n'est pas moins incertain, entre les conflits (ou leur résolution) qui échappent au processus multilatéral ou la "guerre commerciale" lancée par les Etats-Unis, l’institution ONU apparaît parfois elle-même débordée ou objectivement affaiblie : ne serait-ce que financièrement par le retrait des Etats-Unis de trois instances (UNESCO, HCDH, UNRWA), ou les antagonismes persistants au sein du Conseil de Sécurité. 

La gouvernance économique et sociale devrait être réintégrée au sein du Conseil économique et social de l'ONU, comme cela était prévu dans la charte, pour enfin donner un élan et un signe politique fort à ces questions.            Guillaume Devin 

Coïncidence, ce sont les Etats-Unis qui présideront le Conseil de Sécurité. Donald Trump pourra s'y exprimer en tant que président américain mais sera ensuite tenu par le protocole et l'ordre du jour. Sera-t-il conduit à une plus grande réserve envers l’Iran qu'envers la Corée du Nord l'année dernière? La réunion du Conseil de Sécurité mercredi sera consacrée aux armes de prolifération massive et il y a quelques jours, D. Trump déclarait là aussi vouloir mettre la "pression maximale" sur la République Islamique. L'Iran aussi a déclaré vouloir requérir l'assentiment de l'ONU pour mettre les activités nucléaires israéliennes sous contrôle. Cependant il y a peu de chance qu'aucune résolution soit proposée, encore moins acceptée par le Conseil de Sécurité.   

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Enfin, derrière la mise en scène des (bonnes) volontés que constituent les discours, l'ordre du jour de l'Assemblée dresse un vaste éventail de 7 priorités pour la coopération internationale, de l'égalité des sexes au rôle de l'AG comme promoteur de la paix. Ces thèmes seront peut-être éclipsés par les tensions internationales, "when it bleeds it leaks" dit Guillaume Devin. A côté des professions de foi, il s'agira de prouver que le multilatéralisme n'est pas un vœu pieux.

Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU, permaments et non-permanents jusqu'au 31 décembre 2018
Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU, permaments et non-permanents jusqu'au 31 décembre 2018 Crédits : VINCENT LEFAI, SOPHIE RAMIS, GAL ROMA - AFP
Intervenants
  • professeur des universités en sciences politiques à Sciences Po Paris, chercheur au CERI
L'équipe
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