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Pays du Golfe. Les relations avec les mouvements islamistes radicaux

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Par un curieux retournement, le Qatar a été enrôlé de gré ou de force dans la coalition anti-État islamique constituée en septembre dernier. Et depuis peu, il participe à la coalition séoudienne contre les houthistes chiites soutenus par l’Iran dans la guerre civile au Yémen, avec des troupes au sol. Comment comprendre cette situation complexe ?
Deux acteurs importants dans la péninsule : l’Arabie Séoudite, bien sûr les États-Unis, aussi et surtout.

Par-delà leurs spécificités et leurs différences (de peuplement, de confessions, de richesses), les pays du Golfe, surtout Bahreïn, un peu Oman, avaient été secoués par les contestations internes dans la foulée des soulèvements arabes de 2011.

Le Qatar avait été souvent accusé d’aider les islamistes radicaux, pour contrer l’Iran et affaiblir la Syrie gouvernée par une minorité chiite. En 2014, l’Arabie Séoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn avaient même rappelé leurs ambassadeurs à Doha, le Qatar étant également accusé d’aider les Frères musulmans égyptiens.

Quant à Oman, il a accueilli les préliminaires pourparlers secrets entre Washington et Téhéran...

Iraqi Shi'ite Muslim supporters of Iraqi radical leader Moqtada al-Sadr carry his posters and those of Lebanon's Hizbollah leade
Iraqi Shi'ite Muslim supporters of Iraqi radical leader Moqtada al-Sadr carry his posters and those of Lebanon's Hizbollah leade Crédits : Reuters

Longtemps accueillis favorablement par les gouvernements en place dans les années 1950 et 1960, les Frères musulmans sont devenus suspects à partir des années 1990, avant de faire l’objet d’une formidable campagne de répression en Arabie saoudite et dans les Émirats arabes unis .

Entre le jeu trouble des pays du Golfe et celui de la Turquie , on décèle l’ADN du royaume saoudien dans les succès militaires de l’Etat islamique. Une Arabie saoudite dont l’obsession est depuis des décennies d’arriver à contrecarrer l’influence iranienne sur la mer Rouge et sur la communauté chiite présente chez ses voisins. Mais on sait maintenant quel a été l’apport décisif de la Turquie.

L'Etat islamique n'est que l'avatar le plus récent d'un salafisme sunnite radicalisé encouragé par une pluralité d'acteurs: certains Etats nationaux arabes dictatoriaux et idéologiquement déliquescents, bien sur, mais aussi les Etats-Unis dont la désastreuse expédition irakienne de 2003 a dégagé un vaste espace pour le plus grand bénéfice des djihadistes.

En Egypte, on rappelle que l’Etats Islamique représente une menace à l’idéologie wahhabite de l’Arabie saoudite. en plus d'être dangereux pour l'avenir de toute la zone de le mer Rouge.

Quand est évoquée la question du financement, des soutiens des djihadistes de l’État islamique, la réponse semble « complexe » mais des noms reviennent systématiquement. Ce sont ceux de trois grands alliés orientaux des Etats-Unis : l’Arabie Saoudite, le Turquie, le Koweït.

L’Arabie Saoudite a pris la décision de mettre onze pays, dont l’Algérie, sur une liste noire en les accusant de ne pas lutter contre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent.

En Grande-Bretagne , on n’oublie pas si que le Qatar affirme combattre l’extrémisme et a rejoint la coalition contre l’Etat islamique, différents rapports sur le terrorisme du département d’Etat américain montrent que de riches Qataris financent, avec l’aval de l’émirat, le mouvement djihadiste en Irak et en Syrie.

Les chiites de Bahreïn sont de plus en plus inquiets de l'allégeance à l’Etat Islamique de politiciens et prédicateurs qui proviennent de la petite population d'extrémistes salafistes du pays

L'Arabie saoudite a beau être l'allié traditionnel des puissances occidentales au Moyen-Orient, et notamment dans la lutte actuelle contre l'Etat islamique, le royaume est le principal soutien des mouvements fondamentalistes qui s'étendent dans le monde entier. David Rigoulet-Roze nous explique comment, avec sa Wahhabite connection, l’Arabie saoudite a déstabilisé le monde entier en sachant comment exporter depuis 40 ans, tous azimuts, son islam radical.

Pour nous aider à percevoir quelque peu les subtiles rivalités idéologiques, Antoine Sfeir , dans son Dictionnaire du Moyen-Orient , détaille très synthétiquement la doctrine et l’histoire du salafisme et du djihadisme : au contraire de l’islamisme, le salafisme n’est ni un mouvement religieux à revendication politique, ni une organisation à proprement parler. C’est essentiellement une tendance de « régénération » de la foi et de réislamisation de la société musulmane.

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