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En plein centre de la capitale, une femme est partie chercher de l'eau

Péninsule Arabique. La guerre civile au Yémen : vers un processus de paix ?

8 min
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Une trêve décidée dimanche dernier par l’ONU et plus ou moins bien respectée. Des pourparlers au Koweït prévus lundi prochain. Mais un pays totalement écartelé. C’est la phase de guerre civile au Yémen, et particulièrement cruelle.

En plein centre de la capitale, une femme est partie chercher de l'eau
En plein centre de la capitale, une femme est partie chercher de l'eau Crédits : Khaled Abdullah - Reuters

6 300 morts, 30 000 blessés, 2,4 millions de déplacés, 80 % de la population en quête d’assistance humanitaire (ONU). D’importants dégâts matériels également.

Le conflit a pris une nouvelle tournure dès l’engagement militaire séoudien en mars 2015. Lequel coûte cher, d’autant plus que l’Arabie séoudite accuse un net déficit budgétaire, souffre de la baisse du cours du pétrole (qu’elle avait elle-même organisée en 2014) et craint des instabilités sociales. De plus, sur le plan militaire, les pilotes séoudiens semblent bien maladroits en paraissant s’en prendre à des hôpitaux, tandis que l’intervention elle-même s’enlise.

Compte tenu de ce paysage, quelle est la logique des principaux acteurs ? Celle des houthistes (الحوثيين) , rebelles qui occupent la capitale Sanaa, sont aidés (jusqu’à quel point ?) par l’Iran et sont épaulés par des forces de l’ancien président Saleh, qui avait quitté le pouvoir en 2012 ; celle du président Abd Rabbo Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale et soutenu par une coalition arabe ; celle d’Al Qaïda dans la péninsule Arabique, en expansion dit-on.             Th. G.

Les zones et les villes du Yemen dominées par Al Qaeda
Les zones et les villes du Yemen dominées par Al Qaeda Crédits : RNGS - Reuters

7.000 morts, des dizaines de milliers de blessés de guerre, des villes entières démolies… et 20 millions de personnes, soit 80% de la population yéménite, ont des besoins urgents d’assistance. Le Yémen est meurtri après un an d'une guerre d’une rare violence. Elle oppose les partisans du président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par l'Arabie saoudite, et les rebelles Houthis, une minorité zaïdite (branche du chiisme) accusée par Riyad d'être soutenue par l'Iran et les militaires fidèles à l'ancien président Ali Abdullah Saleh.  Raids aériens quotidiens sur des cibles civiles, armes à sous munitions, mines terrestres, attaques aveugles... le droit international a été violé à de nombreuses reprises. Un fragile cessez-le feu, le quatrième en un an, est entré en vigueur depuis trois jours.

Mais il n'a pas réuussi à empêcher les protagonistes de continuer à se battre sur différents fronts, malgré la trêve entrée en vigueur à l'initiative de l'ONU qui cherche à obtenir une cessation des hostilités pour favoriser une reprise des pourparlers de paix interyéménites à Koweït. On dénombre déjà plusieurs morts et, pourtant, l'ONU comme la coalition militaire arabo-sunnite menée par l'Arabie saoudite, qui soutient le président Hadi, ont, de concert, minimisé l'impact des violations du cessez-le-feu.

Intervenants
  • Enseignant et chercheur rattaché à l'Institut Français d'Analyse Stratégique (IFAS) et associé à l'IPSE. Rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques.
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