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Pologne. Les relations complexes entre Varsovie et l’Union européenne

8 min
À retrouver dans l'émission

La Pologne a toujours représenté un cas particulier, parmi les nouveaux membres de l’Union européenne. Avant l’adhésion de 2004, elle avait profité d’une ristourne financière importante, par anticipation (ce qui créait un précédent dangereux). Elle avait acheté une quarantaine de F 16 américains, ce qui paraissait un pied-de-nez aux tentatives d’européanisation de la défense du Vieux Continent. Dans le dossier ukrainien, elle a été souvent accusée, par « antirussisme » systématique, de mettre de l’huile sur le feu. Elle a une position très affirmée, comme d’autres pays d’ailleurs, dans la question actuelle de l’arrivée des migrants en provenance du Proche-Orient, afflux massif voulu par l’Allemagne.

Bref, la Pologne semble un partenaire à la carte, à plusieurs vitesses et à géométrie variable. Au fond, comme bien d’autres membres de l’Union européenne.

Th. G.

Andrzej Duda, presidential candidate of the conservative opposition Law and Justice (PiS)
Andrzej Duda, presidential candidate of the conservative opposition Law and Justice (PiS) Crédits : Reuters

Des dizaines de milliers de Polonais ont défilé mercredi dernier dans leur capitale, à l'appel de l'extrême droite nationaliste, sous le mot d'ordre «La Pologne aux Polonais, les Polonais pour la Pologne».

A un moment donné, des marcheurs ont piétiné et brûlé un drapeau de l'Union européenne. Une banderole ajoutait aussi une touche très anti-européenne: «EU macht frei, Konzentrationslager Europa», déclarait-elle, sur le modèle de l'inscription placée par le pouvoir nazi à l'entrée du camp d'Auschwitz «Arbeit macht frei» (Le travail libère). Une autre proclamait «Stop à l'islamisation». «Hier, c'était Moscou, aujourd'hui c'est Bruxelles qui nous prive de liberté», scandait un groupe de manifestants.

Dans la même volonté de se recentrer sur le nationalisme, un des poids lourds du nouveau gouvernement polonais a annoncé ce dimanche une vaste réforme des médias publics - la télévision, la radio et l'agence PAP -, mais aussi son intention de "repoloniser" la presse locale, souvent contrôlée par des capitaux européens. « Dès qu'elle nous le permettra, dans le cadre du régime démocratique, nous changerons la situation dans les médias publics car nous la jugeons pathologique. Nous portons un jugement critique sur les chefs des médias publics, responsables de leur mauvais fonctionnement » a déclaré le premier vice-Premier ministre et ministre de la Culture.

Dans le même temps que le pays marque ses différences avec ses « amis » européens, la Pologne, comme d’ailleurs ses voisins de Nord, les pays Baltes, renoue avec son hostilité antirusse, vieille de plusieurs siècles ! Certains think tanks polonais ressuscitent même le vieux rêve d’atteindre… la mer Noire.

Intervenants
  • directeur de Recherche émérite au CNRS, directeur d'études et responsable du programme d'études interdisciplinaires européennes au Collège d'Europe (campus de Natolin, Pologne)
L'équipe
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