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Conférence de presse du capitaine Thomas Sankara, le 29 août 1986 à Ouagadougou.

34 ans après l'assassinat de Thomas Sankara, qu'attend le Burkina Faso du procès ?

11 min
À retrouver dans l'émission

Ce lundi 11 octobre s'ouvre à Ouagadougou le procès historique de l'assassinat de Thomas Sankara en 1987. Alors que le principal accusé, l'ex président Blaise Compaoré refuse de se présenter devant la justice, se pose également la question des responsabilités étrangères, et notamment de la France.

Conférence de presse du capitaine Thomas Sankara, le 29 août 1986 à Ouagadougou.
Conférence de presse du capitaine Thomas Sankara, le 29 août 1986 à Ouagadougou. Crédits : Eric CONGO / AFP - AFP

La salle des banquets du quartier Ouaga 2000, où se tient dès aujourd'hui le procès, ne pourra pas accueillir tout le monde tant Thomas Sankara reste pour beaucoup un héros du Burkina Faso. Et le leader de la révolution pendant ses quatre années de présidence, de 1983 (il avait 38 ans), à sa mort en 1987…

C’était un jour d’octobre, Sankara est en réunion dans une salle de l’organisation régionale du Conseil de l’Entente… Des tueurs font irruption devant le bâtiment et tirent sans sommation. Le président et douze hommes sont tués sur le coup, enterrés ensuite à la va-vite dans un cimetière de l’est de Ouagadougou.

Abandonnée puis relancée après la chute du président Blaise Compaoré en 2014, l’enquête judiciaire aboutit donc, ce lundi, à ce procès qui devra d’abord établir les responsabilités à l’intérieur du pays, pour que lumière soit faite aussi sur les ramifications internationales de cet assassinat.

Avec Bruno Jaffré, est un ingénieur de recherche français (aujourd'hui à la retraite), essayiste et biographe, spécialiste de l'histoire politique du Burkina Faso. 

En interne [au sein de l'équipe qui avait pris le pouvoir au Burkina Faso en 1983], il y avait déjà une fronde contre Thomas Sankara. Un certain nombre de membres du Conseil national de la révolution étaient fatigués du rythme imposé par le président, et lui-même commençait à soupçonner certains d'entre eux de détourner de l'argent. En fait, ces gens-là préparaient politiquement la prise du pouvoir, et Blaise Compaoré s'était chargé de l'organiser avec ses soldats. Les membres du commando qui ont tué Sankara étaient tous de sa garde rapprochée. contrairement à la thèse qu'ils défendent, ils ont tiré immédiatement. On verra pendant le procès, différents témoignages vont raconter les faits.      Bruno Jaffré

Un journaliste burkinabé a eu accès au dossier d'instruction. Y figure par exemple la présence de Français à Ouagadougou, dès le lendemain de l'assassinat de Thomas Sankara, venus demander que certaines écoutes téléphoniques soient effacées. Bruno Jaffré

Les exactions de la révolution ont tendance à être oubliées par la jeunesse, qui ont fait de Thomas Sankara un héros presque mythifié. Au Burkina Faso, tout le monde aujourd'hui se réclame de Thomas Sankara, y compris ceux qui le combattaient politiquement.    Bruno Jaffré

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