LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Vital Kamerhe (UNC) et Felix Tshisekedi (UDPS) saluent les dizaines de milliers de sympathisants qui les acclament dans les rues de Kinshasa, à l'occasion du lancement officiel de la campagne électorale

RDC : à 20 jours du scrutin, l'après Kabila est-il possible?

10 min
À retrouver dans l'émission

A 20 jours d’un scrutin décisif pour la RDC, les candidats d'opposition et celui du pouvoir ont débuté hier leur meetings de campagne. Ce vote repoussé depuis deux ans pourrait inaugurer la première alternance démocratique après 20 années de pouvoir de la famille Kabila.

Vital Kamerhe (UNC) et Felix Tshisekedi (UDPS) saluent les dizaines de milliers de sympathisants qui les acclament dans les rues de Kinshasa, à l'occasion du lancement officiel de la campagne électorale
Vital Kamerhe (UNC) et Felix Tshisekedi (UDPS) saluent les dizaines de milliers de sympathisants qui les acclament dans les rues de Kinshasa, à l'occasion du lancement officiel de la campagne électorale Crédits : JOHN WESSELS - AFP

Après deux ans de graves crise de violences, la scène politique en République Démocratique du Congo va franchir une étape essentielle avec les élections générales du 23 décembre. Le président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001 a finalement cédé aux pressions internationales en renonçant à se présenter une troisième fois. La voie est donc ouverte pour une alternance politique majeure (le père de Joseph Kabila avait pris le pouvoir en 1997), pour un pays de plus de 80 millions d'habitants, et potentiel foyer d'instabilité régionale. 

Le gouvernement congolais fait tout pour neutraliser toutes les voix indépendantes. Cela concerne les activistes de la société civile, les journalistes, et ça concerne aussi l’opinion internationale : moi-même j’ai été arrêté il y a un mois. Le Congo n’a pas envie d’être critiqué !  ! Il faudra voir comment les observateurs électoraux auront accès au terrain... et à quel point ils seront en mesure de s’exprimer après un scrutin qui risque d’avoir lieu dans une certaine confusion et un chaos certain…      Kris Berwouts, consultant et analyste indépendant

Les autorités de Kinshasa qui ont plusieurs fois repoussé le scrutin depuis décembre 2016 (arguant de difficultés d'organisation), au point de se voir infliger des sanctions internationales, ont cette fois décidé de le prendre entièrement en charge, y compris sur le plan financier. Le message est double : à la fois déclaration de souveraineté, et mesure de rétorsion à l'égard de ses partenaires trop insistants. Le gouvernement a refusé l'aide internationale et les observateurs de l'UE.  

Joseph Kabila qui avait laissé perdurer le doute sur ses intentions pendant un an et demi s'est finalement désisté le 8 août au profit de son ancien ministre de l'intérieur Emmanuel Ramazani Shadary. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Parallèlement, l'opposition s'est structurée. Après l'échec d'une première tentative de coalition de 7 partis pour présenter un candidat unique le 11 novembre, le paysage s'est clarifié en deux tendances principales : le "ticket" de "baleines", représentants de l'opposition historque Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe ; Martin Fayulu, ancien député et meneur des manifestations anti-Kabila ces dernières années : celui qui avait été choisi comme candidat unique a reçu le soutien des poids lourds Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, tous deux évincés du scrutin par la Commission électorale. 

Le calendrier est serré, d'autant plus que les premiers meetings électoraux commencent à peine cette semaine. Un signe d'une même nécessité de conquérir une popularité accrue : tous les principaux candidats ont porté leurs efforts hors de Kinshasa. Emmanuel Ramazani Shadary fait campagne toute la semaine dans le Katanga, les concurrents d'opposition eux ont choisi le Nord-Kivu : Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe à Goma, Martin Fayulu à Beni.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Les incertitudes quant à la qualité du scrutin sont cependant nombreuses. D'une part le défi logistique est considérable : trois élections simultanées pour près de 60 millions d'électeurs dans 75 000 bureaux de vote sur un territoire cinq fois plus grand que la France. D'autre part plusieurs rapports ont souligné des failles dans le fichier électoral (13 million de cartes d'électeurs invalides), et certains candidats ont dénoncé l'utilisation de machines à voter. 

La politique de la chaise vide, dans l’histoire politique du Congo, n’a jamais été très fertile.  Tous ont toujours été obsédés par la scène de Kinshasa, mais le combat politique va se jouer dans un rayon beaucoup plus large. Alors, est-ce que les candidats de l’opposition auront accès à cet électorat provincial ? Parce qu’on va vers des élections qui sont très contrôlées par les autorités, qui ont la maîtrise totale sur la machine électorale, sur les médias... et aussi sur la Commission électorale, qui n’est pas aussi indépendante que ça !      Kris Berwouts, consultant et analyste indépendant

Ces dizaines de milliers de machines ne sont pas à proprement parler des machines enregistreuses de vote électronique, mais leur sécurisation et la formation des agents ne serait pas garantie, si bien que Martin Fayulu a déclaré refuser des "machines à tricher" - sans toutefois appeler au boycott.  

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Le processus électoral a été long à mettre en place et reste lacunaire. L'après-scrutin sera également décisif. La Commission électorale (Ceni), objet de nombreuses critiques internationales et nationales, sera en première ligne pour démontrer son indépendance à ce moment là. 

Intervenants
  • consultant et analyste indépendant sur les conflits et la démocratie en Afrique centrale
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......