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Retrait des troupes américaines de Syrie : quelles conséquences pour les combattants kurdes ?

16 min
À retrouver dans l'émission

Mercredi soir le président des Etats- Unis Donald Trump annonce dans un tweet un retrait important de ses troupes de Syrie. Avec ces quelques mots, « nous avons vaincu l’Etat Islamique en Syrie, la seule raison de notre présence là bas pendant mon mandat "...

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Donald Trump Crédits : BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

Jusqu'il y a quelques semaines, Erdogan a été identifié par une bonne partie de l’administration américaine, comme celui qui facilite le renforcement, le soutien politique, mais militaire et financier à cette organisation terroriste, le groupe Etat Islamique. Incroyablement, au bout d'une semaine, Erdogan devient l'acteur à qui on confie la gestion de Daesh...     Adel Bakawan, chargé de cours à l'Université d'Evry

Ses alliés de la coalition anti-Etat Islamique ne sont pas du tout d’accord sur la fin proclamée de Daech. Ni le Pentagone. Donald Trump a pris cette décision seul, sans soutien ni concertation préalable.

En tous cas, si l’on en croit les déclaration de Donald Trump ce sont donc 2000 soldats américains qui quitteront le sol syrien d’ici à une centaine de jours, peut-être moins.

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Les Etats-Unis laissent un vide dans cette coalition. Mais aussi sur un échiquier où sont positionnés, Damas soutenu par Moscou et Téhéran d’un côté, et de l’autre une coalition internationale destinée à combattre l’Etat islamique, dans laquelle on pouvait donc compter jusqu’à maintenant les Etats Unis, dans laquelle on peut toujours compter la France, le Royaume Uni, l’Allemagne, des combattants kurdes de la milice YPG (Unité de protection du peuple) proche du PKK, pour ne citer qu'eux.

Cette décision est totalement irrationnelle. Daesh n'est pas fini, comme Emmanuel Macron l'a confirmé. On sait très bien qu'il y a entre 20 et 30.000 combattants de l'Etat Islamique actuellement en Syrie et en Irak. La menace de cette organisation persiste : à tout moment ils peuvent se redéployer. Cette décision de Donald Tump va contre la communauté internationale, contre les intérêts des Etats-Unis et de l'Europe : c'est une erreur géostratégique ! En Irak déjà, le nombre d'attentats organisés par l’État Islamique, augmente d'une manière considérable chaque jour.      Adel Bakawan, chargé de cours à l'Université d'Evry

Il y a aussi la Turquie dans cette coalition mais avec des intérêts différents, puisqu’Ankara tient aussi à empêcher une progression des combattants kurdes dans la région même s’ils ont a priori un ennemi commun qui est Daech.

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Alors au lendemain des déclaration de Donald Trump sur le retrait de ces troupes la presse turque progouvernementale s’est emballée, "Pleure YPG, pleure" a titré un édito du quotidien Sabah, l’autre journal pro Erdoan, Milliyet qualifie la décision de Donald Trump de "Trop belle pour être vrai".

Ce qui compte pour Trump et Erdogan, c'est la mise en scène et l'aspect théâtral de cette décision. En Turquie, Erdogan a besoin d'être l'acteur gagnant qui détient désormais les clefs du Moyen-Orient et surtout de la Syrie : celui qui est seul en mesure, à tout moment, d'attaquer ce territoire.   Adel Bakawan, chargé de cours à l'Université d'Evry

Car en effet il y a encore une semaine le premier ministre Turc Recep Tayip Erdogan menaçait les forces kurdes en Syrie d’une intervention militaire. On peut considérer cette décision de Donald Trump comme un feu vert en quelques sortes à une offensive turque à l'encontre des combattants kurdes en Syrie. 

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Il n'y aura plus de Kurdistan syrien : il y aura un territoire syrien, et les choses s'arrêtent là. C'est la mort politique pour les Kurdes de Syrie. Et un accord avec Erdogan serait la fin politiques des Kurdes de Turquie : le PKK devrait renoncer à son combat contre Ankara. Du coup, l'option la plus probable leur sera de résister jusqu'à la fin. Est-ce que ce qu'il reste de la coalition internationale  peut intervenir et jouer un rôle de pacification ? Il y a de la bonne volonté, mais les moyens ne sont pas au rendez-vous. Les Etats-Unis étaient le seul acteur qui pouvait le faire, mais Donald Trump a pris l'option de se retirer et de livrer les Kurdes à leur bourreau.      Adel Bakawan, chargé de cours à l'Université d'Evry

Intervenants
  • directeur du département recherche de l'Institut de Recherche et d'Études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), directeur du Centre de Sociologie de l'Irak (CSI/ Université de Soran)
L'équipe
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