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Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le roi du Maroc Mohammed VI.

Reconnaissance d’Israël par le Maroc : des relations séculaires

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Après les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan, le Maroc a annoncé la semaine dernière qu'il allait signer la "normalisation" avec Israël, et met en avant les relations historiques et culturelles entre les deux pays. Entretien avec le politologue Hasni Abidi.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le roi du Maroc Mohammed VI.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le roi du Maroc Mohammed VI. Crédits : DEBBIE HILL / Laudes Martial MBON - AFP

A ceux que l’accord dit de « normalisation » annoncé la semaine dernière entre les deux pays a contrariés, le ministre des affaires étrangères marocain a répondu : « mais nos relations étaient déjà normales », dans un entretien paru hier dans la presse israélienne.

Pour Donald Trump qui ne manque pas de se vanter d’avoir rapproché Israël de quatre pays arabes la dernière année de son mandat, c’est une nouvelle « percée énorme pour le Moyen-Orient ».

Mais pour Mohammed VI au Maroc, que signifie-t-il ?

Le parcours de la communauté juive au Maroc est singulier, c'est une relation très spéciale dans le monde arabe. Cette présence est antérieure même à la présence arabe et islamique, et elle s'est accentuée après 1492, quand arrive une vague de Juifs chassés par l'Espagne. La communauté juive a été, depuis plusieurs décennies, une composante essentielle de l'identité marocaine, ça a été même confirmé par la Constitution de 2011. C'est pourquoi aujourd'hui, quand on parle de Marocains, on parle du Marocain musulman, arabe, berbère, mais on parle aussi du marocain juif.      Hasni Abidi

Israël a toujours rendu des services énormes au royaume marocain, et le Maroc a également été présent quand Israël le demandait. Il faut rappeler cette histoire de 1965, le fameux sommet arabe à Casablanca. Les Israéliens ont demandé au roi Hassan II de lui transmettre les enregistrements de ce sommet. Pour certains Israéliens, officiers militaires, c'est grâce à ces enregistrements faits à l'insu des dirigeants arabes que Israël a probablement réussi à anticiper la guerre en 1967 et à la gagner.     Hasni Abidi

Intervenants
  • Politologue, spécialiste du monde arabe et directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM) à Genève, professeur invité à Paris XIII
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