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Relations internationales. Y a-t-il vraiment un système international ?

9 min
À retrouver dans l'émission

On parle souvent du « système international » sans vraiment le définir, de la « communauté internationale » en en faisant un tout, de la « société internationale » en en faisant un fourre-tout, de l’ « ordre international » en cachant le désordre international, pourtant si manifeste. Mais comment fonctionnent les relations internationales, qui reposent en grande partie sur les relations interétatiques, malgré une certaine mondialisation de la politique étrangère, voire de la diplomatie ?

Promeuvent-elles avec tant de succès la démocratie ? S’achemine-t-on vers un monde plus multipolaire ?

Le rôle de l’État reste-t-il déterminant, quels que soient les régimes en place ?

La recherche de l’équilibre n’est-elle au fond qu’un processus sans fin ?

Dominique DAVID, conseiller du président de l'Ifri, rédacteur en chef de Politique étrangère et co-directeur du Ramses présente ici l'édition 2016 du "Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies".

Et vous pouvez retrouver, en bas de cette page, un lien vers le site de l'IFRI qui vous permet de consulter le détail de cet ouvrage.

 G20 Summit in Seoul.
G20 Summit in Seoul. Crédits : Reuters

Pour ce thème relativement ardu, nous avons fait aujourd'hui le choix de vous proposer une palette de points de vue de spécialistes francophones de la géopolitique, qui tentent de nous éclairer sur la complexité de notre monde…

Y a-t-il un « système international » ? Comme notre invité, Thierry de Montbrial, directeur général de l’Ifri, tente lui aussi de nous donner quelques clefs de réponse :« la notion de « système international » est délicate, en ce sens que lorsque l’on cherche à définir les objets de base et les relations entre eux, la description échappe rapidement : on n’arrive pas à épuiser la description du système. »

Pour l'Académie des Sciences Morales et Politiques, Georges-Henri Soutu , à travers un point du vue d’historien, porte en lui la conviction qu’il existe, et qu’il a en fait toujours existé, au moins depuis le XVIIe siècle, deux sphères à l’intérieur du système mondial : la sphère des relations internationales, entre États, et la sphère des relations transnationales, qui ne sont pas ou peu concernées par les frontières, ou la politique des différents gouvernements.

Marcel Merle n’oublie pastout d’abord d’observer que beaucoup d’intervenants parlent désormais du « système international », mais que la plupart d’entre eux se gardent bien de commencer simplement par... le définir.

A l’Institut Européen des Relations Internationales de Bruxelles, on s’inquiète pour la place de l’Europe dans un système international : du point de vue de la politique étrangère, l’UE défend des idéaux et des principes universels au détriment des intérêts communs, sans avoir les moyens de les imposer. Du point de vue historique, l'identité cosmopolitique de l'Union entre en contradiction avec les loyautés nationales et engendre un sentiment d'impuissance et une délégitimation des institutions centrales qui fait craindre à leur implosion.

A l’Institut Thomas Moore de Bruxelles, on pose la question de l’émergence d’une alternative aux modèles occidentaux qui pourrait nous venir de la grandissante puissance chinoise : la Chine a-t-elle l'intention de jouer selon les règles de la gouvernance internationale ? Ou veut-elle, et peut-elle, véritablement remodeler l'ordre mondial ?

Bertrand Badie , auteur de "La diplomatie de connivence", pose un regard critique sur l'"obstination oligarchique" : comment expliquer la permanence de cette vieille diplomatie de club, qui continue à organiser la relation inter-états vingt-cinq ans après la fin de la Guerre froide ?

Dans une émission de deux heures, majoritairement en langue française (quelques interventions se ont en langue espagnole), la télévision publique de la Guinée équatoriale nous propose un débat approfondi sur la thématique de la place de l'Afrique dans la géopolitique mondiale. Cette émission a été diffusé dans une trentaine de pays africains.

Ignacio Ramonet revient sur un rapport de la CIA, publié il y a deux ans, qui projetait la vision américaine de ce que sera notre Europe en 2030. D’ici quinze ans, dans ce Nouveau système international, quelques unes de plus grandes collectivités du monde ne seront plus des pays mais de communautés rassemblées et reliées entre elles par Internet et les réseaux sociaux. Par exemple, « Facebookland » ou « Twitterland » qui rassemblent plus d’un milliard d’usagers... dont l’influence dans le jeu de trône de la politique mondiale pourrait être décisif. Les structures de pouvoir vont se disséminer en raison de l’accès universel à la Toile et à l’usage progressivement globalisé de ces nouveaux outils numériques.

Pour Alexandra De Hoop Scheffer , auteur de l'ouvrage "Les Etats-Unis, une puissance en crise d'adaptation", l’enjeu pour les Européens est d’élaborer une stratégie qui leur soit propre et identifiable par leurs partenaires et leur allié américain. Ceci est d’autant plus important qu’une grande partie des crises majeures, des engagements diplomatiques (la Syrie, le sud du Caucase, le Soudan et le Sahel) et des interventions militaires se sont déroulés et continueront à avoir lieu à la périphérie immédiate de l’Europe, en bordure de Méditerranée.

Enfin, Irnerio Semminatore s’attache à développer l’idée que le système international a commencé sa mutation à partir de l’attentat contre le WTC à New-York, dont l'impact est davantage perceptible en termes prospectifs et globaux.. Il nous détaille les trois phases de la transition que nous vivons actuellement vers un système multipolaire accompli et tente une prmeière esquisse de prospective stratégique…

Intervenants
  • conseiller du président de l’IFRI, co-directeur du rapport Ramsès 2016
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