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Smaïl Chergui, commissaire de l’Union africaine à la paix et la sécurité

République Centrafricaine : quel est le prix de l'accord de paix?

10 min
À retrouver dans l'émission

La RCA est suspendue à un accord de paix qui doit être paraphé demain à Bangui : "compromis" prometteur car c’est le plus large depuis le début du conflit entre groupes armés du Nord et gouvernement ; et incertain parce que c’est le 7ème en 6 ans et que les influences étrangères s'intensifient.

Smaïl Chergui, commissaire de l’Union africaine à la paix et la sécurité
Smaïl Chergui, commissaire de l’Union africaine à la paix et la sécurité

Samedi 2 février 2019, la Centrafrique aurait trouvé un nouvel accord de paix pour mettre un terme à la guerre qui sévit dans le pays depuis 2013. Il s'agirait du 7e accord en six ans, le gouvernement centrafricain le paraphe demain avec les 14 groupes armés rebelles, à Khartoum. Cet événement se réalisera avec la participation du Tchad, du Soudan et sous l'égide de l'ONU et de l'Union africaine (UA). Ces 14 groupes sont représentés par les chefs des principaux mouvements des ex-rebelles musulmans de la Séléka et des milices chrétiennes et animistes anti-balaka. La Séléka est l'ancienne coalition qui a renversé le président François Bozizé en mars 2013. Elle est entrée en conflit avec les anti-balaka, des milices d'autodéfense menés par des paysans. La signature de l'accord doit être officialisée dans la semaine à Bangui.

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L'amnistie : une polémique cruciale sur le point d'être résolue ?

Lancés le 25 janvier, les pourparlers de Khartoum avaient été interrompus en raison de désaccords sur la question de l'amnistie des responsables des crimes et des exactions. Le gouvernement s'était engagé à ne pas accorder l'amnistie, une mesure prise devant les citoyens en 2015 avec le soutien de l'ONU et des Etats occidentaux. A l'inverse, les groupes armés font de l'amnistie une condition non négociable. Ces dialogues ont pourtant été préparés depuis 2017 par l'UA et les principaux partenaires de Bangui. Certains groupes armées réfutaient cette initiative, comme l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC). Un homme de ce groupe, sous l'emprise de l'alcool, a tué 18 personnes à Ippy la nuit précédant les négociations.

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Une grande partie des groupes armées n'ont pas forcément intérêt à ce que la paix se fasse sur le terrain : la violence permet l'acquisition de ressources minières, du bétail. Donc une partie de ces groupes n'ont pas intérêt à ce qu'il y ait une normalisation de la situation ou alors il faudrait qu'on reconnaisse leur autonomie locale. De plus, plusieurs fois dans l'Histoire de la Centrafrique, la paix a servi de ressource : un moyen d'obtenir des per diem, des indemnités d'argent. Il n'est pas du tout sûr qu'au-delà de la façade de l'accord et au-delà du fait que ces groupes puissent en profiter pour capter des ressources, cela ait des implications locales fortes et positives. Emmanuel Chauvin

L'incertitude est encore prégnante sur l'accord de paix : Khartoum reste en partie lié à la Russie sur le plan diplomatique. Moscou a notamment organisé une rencontre entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés en juillet 2018. Cette rencontre a été désapprouvée par les partenaires de Bangui. En décembre 2017, la RCA et la Russie ont conclu un accord militaire, permettant au Kremlin d'envoyer sur place des mercenaires russes via la force Wagner. Cette société militaire privée est suspectée d'appartenir à un proche de Vladimir Poutine. La France, l'autre pays observateur, déplore cette "présence active de la Russie, récente, significative, antifrançaise" selon les mots du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

A cela s'ajoute la force politique et militaire conséquente de certains groupes armés dans des Etats qu'ils ont eux-mêmes crées. Le FPRC, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique, dans l'Etat parallèle Ndélé, est un des plus notables. Ce groupe aspire à l'autonomie depuis un certain temps et la présence de ressources en diamants et en or expliquerait l'ingérence diplomatique russe dans les négociations. 

D'après l'AFP, les groupes armés ont réclamé la formation d'un gouvernement de sortie de crise avec un premier ministre issu des rangs de la rébellion. Aucune information n'a été pour l'instant rendue publique sur les détails de l'accord de paix.

Intervenants
  • géographe, maître de conférences à l’Université Toulouse - Jean Jaurès.
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