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Une femme portant son enfant regarde le mur des victimes au Mémorial du génocide de Kigali le 8 avril 2019 . La veille, le Rwanda a commencé 100 jours de deuil pour plus de 800 000 personnes massacrées par le génocide qui a choqué le monde.

France - Rwanda : le renouement diplomatique, à quel rythme ?

10 min
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25 ans après le génocide, le Rwanda de Paul Kagame a tenu ses cérémonies sans la présence d'aucun chef d'Etat des Grands Lacs. Le seul chef d'exécutif européen présent était le belge Charles Michel. Bien qu'initiateur d'un rapprochement en 2018, Emmanuel Macron a décliné l'invitation à Kigali.

Une femme portant son enfant regarde le mur des victimes au Mémorial du génocide de Kigali le 8 avril 2019 . La veille, le Rwanda a commencé 100 jours de deuil pour plus de 800 000 personnes massacrées par le génocide qui a choqué le monde.
Une femme portant son enfant regarde le mur des victimes au Mémorial du génocide de Kigali le 8 avril 2019 . La veille, le Rwanda a commencé 100 jours de deuil pour plus de 800 000 personnes massacrées par le génocide qui a choqué le monde. Crédits : YASUYOSHI CHIBA / AFP - AFP

Pour Emmanuel Macron, c'est très difficile d'aller à Kigali sans présenter des excuses de la France au peuple rwandais compte tenu du fait qu'en 2010 Nicolas Sarkozy y était allé en disant qu'il y avait eu des erreurs d'appréciation et un aveuglement. On est dans une affaire beaucoup plus franco-française que franco-rwandaise parce qu'au niveau des relations entre les deux pays, il y a des choses qui avancent. Antoine Glaser

Pour les Rwandais, l'absence d'Emmanuel Macron à la commémoration du génocide de 1994 est une déception. En effet, l'Elysée fait le choix de ne pas accélérer le rapprochement avec le gouvernement Kagame et ne veut pas s'exposer à la critique publique car, comme le souligne RFI, le dossier de l’attentat contre l’ancien président Habyarimana n'est pas encore clos et le rôle ambigu de la France dans les massacres de 1994 n'est toujours pas éclairci.

En l'espace de quelques jours, le président français a pris deux décisions symboliques en faveur d'une pacification diplomatique entre la France et le Rwanda : 25 ans après, la France instaure le 7 avril en tant que journée de commémoration du génocide des Tutsi et lance la création d'une commission sur l'ouverture des archives pour connaître la vérité sur l'implication de l'Etat français dans le génocide des Tutsi. 

Le génocide rwandais : un problème de politique intérieure française

Un quart de siècle plus tard, une question majeure reste en suspens : quelles étaient les motivations exactes de l'opération Turquoise engagée par la France et mandatée par l’ONU à des fins humanitaires ? Derrière la volonté de protéger les populations tutsies et hutues menacées, avait-elle un agenda caché pour préserver son influence dans le territoire ? La France est accusée d’avoir soutenu militairement les instigateurs hutus du génocide et donc de s'être rendue complice des acteurs des tueries ayant fait plus de 800 000 morts entre avril et juillet 1994 selon les Nations Unies. 

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41 sec
Ecoutez l'analyse d'Antoine Glaser sur le rapport Mucyo qui fait du génocide rwandais une affaire franco-française sensible

Paris a toujours démenti ces accusations qui ont fortement dégradé les relations diplomatiques avec Kigali. Mais Emmanuel Macron a voulu impulser une nouvelle dynamique, multipliant les discours et gestes de bonne volonté. Le soutien français à l'élection à la tête de la Francophonie de l'ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, en octobre 2018 avait été apprécié par Paul Kagame qui s'était dit prêt à donner "un nouveau départ" à la relation franco-rwandaise.

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