LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
 Nayib Bukele, ancien maire de San Salvador, milliardaire et candidat de la Grande Alliance Nationale (GANA) célèbre la victoire, en compagnie de son vice-président, Felix Ulloa

Salvador : une autre République d'Amérique centrale «En Marche»?

10 min
À retrouver dans l'émission

Le Salvador a élu comme président l'ancien maire de la capitale San Salvador, Nayib Bukele, ce dimanche 3 février. Milliardaire et coqueluche des jeunes, ce publicitaire a promis d'éradiquer la violence et la corruption qui gangrènent son pays.

 Nayib Bukele, ancien maire de San Salvador, milliardaire et candidat de la Grande Alliance Nationale (GANA) célèbre la victoire, en compagnie de son vice-président, Felix Ulloa
Nayib Bukele, ancien maire de San Salvador, milliardaire et candidat de la Grande Alliance Nationale (GANA) célèbre la victoire, en compagnie de son vice-président, Felix Ulloa Crédits : MARVIN RECINOS - AFP

Dimanche 3 février, le Salvador a mis fin à 30 ans de bipartisme en élisant Nayib Bukele en tant que président de la République. Cet outsider, milliardaire de 37 ans, a gagné les élections dès le premier tour avec 53% des voix. Entré en politique en 2011, ce publicitaire a fait de l'anticorruption son cheval de bataille face aux deux partis historiques, responsables de 13 ans de guerre civile : l'Alliance républicaine nationaliste, parti de droite néolibérale, et le Front Farabundo Marti pour la libération nationale, parti de gauche issu de l'ancienne guérilla (FMLN).

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Un président qui n'a pas beaucoup mis en avant son programme 

Récemment la CNN a comparé le nouveau président, ancien du FMLN, à Emmanuel Macron au vu de sa couleur politique qui semble ni de droite ni de gauche. Ancien maire de la capitale de San Salvador, Nayib Bukele doit dorénavant gouverner un des pays les plus violents au monde où 3340 homicides se sont produits en 2018. 

Descendant d'immigrés palestiniens, il a été accusé à tort d'être un musulman radical lors de sa campagne. Coqueluche des 18-30 ans, sa personnalité a joué beaucoup en sa faveur, tout comme son slogan "Il y a assez d'argent quand personne ne vole" et sa proposition de créer une commission internationale contre l'impunité. Sur les 4 derniers présidents du Salvador, 3 ont été poursuivis pour détournement ou corruption.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Nayib Bukele met en avant qu'il n'y a pas besoin de corruption pour gouverner. Donc on voit encore une polarisation sur sa personne et sa trajectoire. Il a des défis très importants pour gouverner et il va devoir accompagner cette opération de lutte anticorruption. C'est d'ailleurs un discours que l'on entend beaucoup dans les pays d'Amérique latine. David Garibay

Outre la corruption, la lutte contre la violence est un défi social et politique de grande ampleur pour le nouveau gouvernement : les Maras, gangs de trafic, utilisent essentiellement l'extorsion auprès d'acteurs économiques. Ils ont pu échapper aux anciennes politiques de répression grâce à leur ancrage territorial important. En conséquence, la question des caravanes des migrants salvadoriens en direction des Etats-Unis, qui fuient la violence et les catastrophes naturelles, doit également être réglée. Les transferts de fonds représentent une part non négligeable dans l'économie salvadorienne depuis 30 ans: des milliers de Salvadoriens cherchent à améliorer leurs conditions de vie.

Concernant l'avortement, Nayib Bukele s'est dit favorable à la dépénalisation. Un propos loin d'être négligeable dans ce pays où l'avortement est interdit dans tous les cas de figure, dont la peine est de 30 ans de prison pour motif d'homicide, même s'il s'agit d'une fausse couche. En revanche, la communauté LGBT ne devrait pas voir leurs droits s'améliorer car, pour le président, "Le mariage doit être entre un homme et une femme".

Intervenants
  • professeur de science politique, université Lumière Lyon-2
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......