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Somalie. Quelles leçons tirer de la dislocation du pays ?

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En géopolitique, la Somalie est à la fois un cas d’espèce et un cas d’école. Hélas, pour de multiples et durables raisons.

Rare ou seul État mono-ethnique en Afrique (les structures sont en revanche claniques), il a pu revendiquer l’annexion de territoires voisins peuplés de Somalis (Ogaden éthiopien, nord du Kenya, Djibouti). Ironie de l’histoire, il est aujourd’hui cassé en trois morceaux (Somaliland, Puntland, Somalie) auto-administrés.

Depuis une trentaine d’années, les phases de violences ont été légion, souvent extrêmes, toujours complexes : guerre civile, grand banditisme, piraterie maritime, Tribunaux islamiques, terrorisme islamiste radical, Chehab, agressions de l’Éthiopie et du Kenya, opérations de maintien de la paix ONU.

En plus, en 1992-1993, la Somalie a été le deuxième cas d’ingérence ONU, pour des raisons humanitaires.

Th. G.

Mogadishu
Mogadishu Crédits : Reuters

-...En France , Philippe Hugon, directeur de recherches à l’Iris en charge de l’Afrique, s’inquiète de constater qu’en Somalie aussi, c’est maintenant l’Etat islamique qui attire de plus en plus de djihadistes et crée une escalade de la concurrence de l’horreur avec Al-Qaïda. Après l’allégeance de Boko Haram au Nigeria, des islamistes somaliens sont souvent tentés de rejoindre Daech mais leur direction est divisée. Muhamed Abu Abdalla, qui est l’actuel haut responsable des shebabs dans le sud de la Somalie a menacé, dans un discours diffusé à la radio, d’«égorger» tous ceux qui voudraient s’allier à l’Etat islamique. Si le dirigeant des shebabs est un allié loyal d’Al-Qaïda, d’autres responsables du groupe sont tentés par un rapprochement avec l’organisation Etat islamique à l’instar des islamistes de Boko Haram au Nigeria. L’un des plus fervents partisans d’un changement d'alliance serait le chef de la police secrète Mahad Karaté. «Ces querelles sont classiques au sein de ces groupes où l’on cherche à s’allier avec l’organisation qui a la meilleure image médiatique ».

Dans la Corne de l’Afrique , on a cependant parfois de furtifs motifs de réjouissance. Depuis une petite semaine, la guerre clanique entre les miliciens de Puntland et de Galmudug semble se calmer : les sages des deux ethnies ont réussi à arracher un cessez-le-feu aux deux groupes qui se battent à l’intérieur de la ville de Gaalka-ayo. La ville est divisée en deux partis, au Nord habitent les Majeerteens (clan Darood) et au Sud habitent mais elle aussi isolé entre l’état de Galmudug et Mudug qui ont fusionné cette année afin de former une seule ayant le statut de région dans l’état fédéral de la Somalie. La population Galmudug et Mudug sont à majorité composés de l’ethnie Hawiye et particulièrement des clans Abgal et Habar-gidir...

Malgré tout, les violences continuent : Mogadiscio , la capitale du pays, est la cible régulières de plusieurs attaques du groupe islamiste. Les * Shebab ont ainsi pu affirmer, au début du mois, avoir tué 30 soldats, principalement de toutes jeunes recrues qui venaient tout juste de s’enrôler afin de trouver un emploi dans ce pays dévasté depuis trop d’années par la guerre civile. L’armée somalienne, pourtant soutenue par la *Force militaire de l’Union africaine en Somalie (Amisom ), poursuit tant bien que mal les combats sur tous les fronts, dans l’espoir vain de mettre fin aux attentats répétés des Shebab...

Intervenants
  • ancien rédacteur en chef de la revue "Afrique Contemporaine", ancien directeur de la cellule Crises et Conflits de l’Agence Française de Développement.
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