LE DIRECT
Des drapeaux nationaux soudanais levés lors d'un rassemblement devant l'ambassade d'Égypte à Khartoum, la capitale, contre l'intervention de l'Égypte dans le processus politique soudanais, le 25 avril 2019.

Soudan, Libye, Egypte : l’autoritarisme, grand gagnant des révolutions ?

10 min
À retrouver dans l'émission

Négociations incertaines entre militaires et civils au Soudan, blocage du processus politique en Libye : la situation échappe aux civils et le sommet de l'UA au Caire n'a pas permis de solution politique. Ces régimes en mutation du Nord-Est africain passent-ils d'un autoritarisme à l'autre ?

Des drapeaux nationaux soudanais levés lors d'un rassemblement devant l'ambassade d'Égypte à Khartoum, la capitale, contre l'intervention de l'Égypte dans le processus politique soudanais, le 25 avril 2019.
Des drapeaux nationaux soudanais levés lors d'un rassemblement devant l'ambassade d'Égypte à Khartoum, la capitale, contre l'intervention de l'Égypte dans le processus politique soudanais, le 25 avril 2019. Crédits : ASHRAF SHAZLY / AFP - AFP

Eviter le chaos et préserver la paix au Soudan et en Libye, tels sont les objectifs des deux sommets d'urgence de l'Union Africaine (UA) qui ont eu lieu au Caire le 23 avril. Le président de l'UA et de l'Egypte Abdel Fattah Al-Sissi, dont le prolongement du mandat a été approuvé par référendum le même jour, cherche à préserver les intérêts sécuritaires de son pays tout en prouvant qu'il est un acteur régional clé dans ces deux crises. 

L'Egypte, garante de la stabilité régionale pour éviter l'instauration de démocraties chez ses voisins libyen et soudanais

Soutien implicite du maréchal Haftar, Al-Sissi souligne leur "responsabilité commune de soutenir la stabilité et l'unité de la Libye, ainsi que son intégrité territoriale" menacées par le terrorisme et les dangers des interventions étrangères permanentes.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Al-Sissi essaie de donner une couverture légale avec cette intervention de l'UA qui est purement verbale, pour indiquer que l'Egypte est garante de la stabilité régionale pour ses mentors étrangers, d'un côté les pays du Golfe, Israël et de l'autre les pays occidentaux qui la soutiennent financièrement et militairement, notamment la France qui est très proche du régime Al-Sissi. Marc Lavergne

Écouter
1 min
Ecoutez l'analyse de Marc Lavergne sur les propos du représentant spécial de l'ONU Ghassan Salamé qui ne considère pas le général Haftar comme un "grand démocrate" malgré sa volonté d'unifier la Libye

Concernant le Soudan, le président de l'UA a appelé la communauté internationale à aider le pays à "faire face au fardeau économique" tout en estimant que les solutions aux crises sur le continent devaient être "africaines". 

Devant ses homologues africains, il a plaidé pour un nouveau délai de trois mois au Conseil militaire soudanais de transition pour mettre en oeuvre un régime démocratique. Des propos qui contredisent ceux du Conseil de paix et de sécurité de l'UA qui avait menacé le 15 avril de suspendre Khartoum de l'organisation continentale si l'armée ne quittait pas le pouvoir au profit d'une "autorité politique civile", réclamée massivement par la population, au bout de 15 jours. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Grâce au mouvement de contestation qui persiste depuis la destitution d'Omar el-Béchir, les Soudanais ont pu obtenir un accord de principe avec le conseil militaire de transition sur la formation d'une autorité conjointe comprenant des civils et des militaires. Mais le rapport de force est toujours favorable à l'armée, le conseil de transition ne sera pas composé de 15 membres avec 8 civils et 7 militaires mais de 10 membres dont 7 militaires et 3 civils.

Cette expérience démocratique qui est en train de naître contrarie beaucoup l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et au premier chef l'Egypte, donc il y a une sorte de montée en puissance d'une contre-révolution avec des moyens financiers qui seraient débloqués pour permettre de soulager la situation économique, c'est-à-dire de calmer les manifestants et leur dire de rentrer chez eux, et puis aussi des menaces d'intervention beaucoup plus directe. Je pense que ces pays font front commun pour soutenir le régime militaire. Marc Lavergne

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......