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Syrie: l’action humanitaire après cinq ans de guerre civile

9 min
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La longueur de la guerre civile (environ cinq ans à ce jour) et la violence extrême des combats de part et d’autre (y compris entre mouvements islamistes) font payer un prix incroyablement lourd à la population civile. Les déplacés sont en masse, les réfugiés pléthoriques (avec les conséquences qu’on a vues non seulement au Liban et en Turquie mais aussi en Europe), la population civile est prise en otage ou devient une cible prioritaire (les islamistes se mêlant aux citadins), les villes sont assiégées, conquises et reprises, les attaques aériennes causent inévitablement des dommages dits collatéraux etc.

Cela ajouté à la complexité d’alliances souvent contre nature, d’alliances à fronts renversés, chacun ayant souvent ses objectifs propres et son calendrier, menant le cas échéant un double jeu.

Dès lors, que peut apporter l’action humanitaire ?

Th. G.

"Syrie, 4 ans après : l'impasse humanitaire"
"Syrie, 4 ans après : l'impasse humanitaire"

_La catastrophe sans égal dans l’histoire que sont en train de vivre les Syriens les contraint à inventer de nouvelles formes de résistance et à ouvrir des voies vers une société plurielle au service de l’homme.

Plusieurs millions de personnes ont fui les zones de combat et vivent aujourd’hui dans la précarité en Syrie et dans les pays voisins. Plus de 200 000 personnes ont été tuées et plus de 4 millions ont fui dans les pays voisins depuis que le conflit a éclaté, mais surtout plus de 12,2 millions de Syriens et Syriennes ont besoin d’aide d’urgence .

Les exemples de dévouement sont nombreux. C’est ainsi que Fadi Al-Dairi a démissionné d’un emploi sûr dans le secteur privé au Royaume-Uni pour cofonder Hand in Hand for Syria, l’un des nombreux groupes créés par la diaspora syrienne en réponse au conflit. L’ONG s’est peu à peu imposée comme l’un des principaux fournisseurs d’aide et de soins de santé pour les communautés restées sur place en Syrie. En plus de distribuer de la nourriture, de l’eau et d’autres denrées, cette ONG fournit aux hôpitaux du personnel qualifié et des ambulances, forme des médecins syriens et gère des cliniques de campagne à travers tout le pays.

Parfois, les ONG internationales ne dévoilent pas l’identité de leurs partenaires locaux aux bailleurs de fonds, et les partenaires locaux sont souvent contractuellement tenus de taire l’identité des ONG pour lesquelles ils travaillent : "un jour, alors que je discutais avec un diplomate occidental, nous avons découvert par hasard que son gouvernement finançait l’un de nos hôpitaux depuis deux ans. Nous ne savions pas non plus d’où provenait l’argent", a dit M. Al-Dairi.

"Partout en Syrie, les enfants ne reçoivent pas d’éducation : les intervenants ne peuvent pas parvenir jusqu’à eux, de nombreuses écoles ont été détruites et les parents ont peur d’envoyer leurs enfants à l’école par crainte qu’elle ne soit attaquée", s’inquiète Roger Hearn, directeur régional de Save the Children : "Pendant que des travailleurs humanitaires risquent héroïquement leur vie pour apporter des secours et des services essentiels, des millions de Syriennes et Syriens demeurent inaccessibles, non seulement du fait des combats et de la dégradation de la situation, mais aussi par manque de moyens financiers et à cause d’obstacles bureaucratiques."

handinhandforsyria.org.uk
handinhandforsyria.org.uk
Intervenants
  • Professeur et chercheur associé honoraire à l’Université Paris I Panthéon. Egalement avocat, spécialisé dans le domaine du droit humanitaire international.
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