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La délégation russe avec, au centre, l'envoyé spécial du président Poutine :  Alexander Lavrentiev

Syrie : la victoire fragile du régime?

11 min
À retrouver dans l'émission

Avec la 11ème réunion d'Astana sur la Syrie en ce moment, Damas et ses alliés veulent donner un prolongement politique à leurs gains territoriaux depuis 2016. Cependant la situation s'est de nouveau crispée depuis des frappes aériennes russes dimanche dans la province d'Idlib.

La délégation russe avec, au centre, l'envoyé spécial du président Poutine :  Alexander Lavrentiev
La délégation russe avec, au centre, l'envoyé spécial du président Poutine : Alexander Lavrentiev Crédits : ALIIA RAIMBEKOVA / ANADOLU AGENCY - AFP

Sécurité, retour des réfugiés et reconstruction : c'est le programme des discussions d'Astana entre des représentants de la Syrie, Russie, Iran - et une branche de l'opposition tolérée. L'accord russo-turc sur la création d'une zone démilitarisée autour de la ville rebelle d'Idlib conclu il y  a deux mois est aussi au cœur des discussions.

Les Russes veulent faire pression sur les Turcs, et veulent en plus montrer qu’ils sont toujours les maîtres du jeu, surtout que tout le monde attend de connaître la position américaine sur la présence iranienne et sur la demande américaine faite aux Russes d’imposer un retrait des troupes iraniennes.         Ziad Majed, professeur des Etudes du Moyen-Orient à l’Université américaine de Paris

Cette 11ème réunion tripartite se tient cependant dans un contexte plus incertain pour l'alliance, après des frappes de l'aviation russe dimanche dernier sur la province d'Idlib, premières depuis la trêve de septembre. La Russie et Damas affirment qu'elles répondent à une attaque chimique d'un groupe rebelle sur Alep la nuit précédente.   

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L'accord d'Idlib n'est pas rompu, mais son application sur le terrain est désormais remise en cause. Devant l'absence de preuves tangibles et indépendantes d'un tir rebelle à l'arme chimique, certains analystes y voient une manœuvre russe pour forcer la Turquie à se débarrasser de certains groupes qu'elle parraine.   

Dans  le club des dirigeants arabes, qui sont en majorité toujours des dictateurs, le problème avec Assad n’est plus une question centrale de leur politique régionale. Les monarchies du Golfe n’ont aucun problème avec les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité du régime syrien : ils veulent surtout que l’Iran ne reste pas aussi influent en Syrie. Ils sont plutôt dans la démarche américaine  de dire qu’il n’y a pas de problème avec Assad, ni de problème avec la Russie : le problème est uniquement avec l’expansion iranienne…       Ziad Majed, professeur des Etudes du Moyen-Orient à l’Université américaine de Paris

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Idlib est une épine pour la stratégie russe, puisque elle est imprenable sans une entente avec la Turquie, et que de ce fait l'accord a créé une sorte de "conflit gelé" à l'intérieur de la guerre syrienne. Sans même parler de prendre la ville, pour le moment une offensive du régime sur la région - même appuyé par l'aviation russe et les troupes du Hezbollah - serait longue et très meurtrière pour les trois millions de civils qui y vivent. 

Les Saoudiens et les Emiratis, sans un soutien américain clair et ferme, ne peuvent pas tenir tête seuls à l’Iran, ni en Syrie ni ailleurs : on l’a vu au Yemen déjà. On l’a vu aussi au Liban. En ce qui concerne la conférence d’Astana, on sait tous que la reconstruction de la Syrie ne peut pas se faire par les Iraniens et les Russes. Le régime veut s’approprier les terrains et les biens des réfugiés et des opposants emprisonnés, mais l’argent n’arrive pas.    Ziad Majed, professeur des Etudes du Moyen-Orient à l’Université américaine de Paris

Moscou doit aussi faire face à la pression politique des Etats-Unis qui souhaitent évincer l'Iran du conflit et du pays, et ont toujours 2000 soldats présents dans deux parties stratégiques du pays (points de passage à l'Est et au Sud) ; Téhéran qui a consolidé ses positions en Syrie cherche toujours à retirer les fruits de son soutien militaire et financier ; Damas qui cherche à regagner une respectabilité diplomatique auprès des pays arabes doit aussi envisager l'arrivée de troupes des EAU et de l'Arabies Saoudite, opposés à l'Iran. 

Les Russes veulent que les Européens payent, en disant que les réfugiés (actuellement en Europe) reviendront chez eux. Mais c’est une illusion : les réfugiés ne rentreront pas dans un pays où il n’y a pas de solution politique, où le régime qui les a expulsés est toujours en place, et les menace de torture et de mort sous la torture.  Le retour des réfugiés est aujourd’hui impossible. La question qui doit de poser est celle de l’impunité du régime.      Ziad Majed, professeur des Etudes du Moyen-Orient à l’Université américaine de Paris

Les positions stratégiques des différents acteurs et alliés pourraient se trouver bousculées ; dans ces circonstances, la réunion d'Astana aura peut-être surtout une portée technique.  

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Carte de l'est de la Syrie avec les zones sous contrôle aujourd'hui
Carte de l'est de la Syrie avec les zones sous contrôle aujourd'hui Crédits : SOPHIE RAMIS, GILLIAN HANDYSIDE - AFP
Intervenants
  • chercheur et politiste franco-libanais, professeur à l'Université américaine de Paris
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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