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Manifestation anti-gouvernementale à Beyrouth le mois derneir

Syrie-Liban. Quelles relations possibles, dans la tourmente de la guerre civile syrienne ?

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Le poids de l’histoire, mais aussi les rivalités religieuses, confessionnelles, communautaires, identitaires, etc., expliquent la relation entre Damas et Beyrouth. D’autant plus depuis 2011.

Manifestation anti-gouvernementale à Beyrouth le mois derneir
Manifestation anti-gouvernementale à Beyrouth le mois derneir Crédits : Mohamed Azakir - Reuters

Pour mettre en perspective cette relation troublée et conflictuelle (intervention de la Syrie dans la guerre civile libanaise entre 1976 et 1989 ; repli des Syriens après 2005 ; relations diplomatiques nouées en 2008-2009), il faudrait remonter déjà aux accords Sykes-Picot de 1916, puis à l’administration française à partir de 1920 (sous mandat de la Société des nations).

Faute de temps, partons du début de la guerre civile syrienne, qui a rebattu les cartes dès 2011, sans parler de l’afflux récent des réfugiés syriens : 1,1 million au moins au Liban, (HCR, février 2016), 90 % étant endettés, 70 % vivant sous le seuil de pauvreté. Cela dans un État clientéliste, lacunaire, déficient.

Si la balkanisation semble moins redoutée que l’année dernière, les conséquences du démembrement de facto de la Syrie sur le Liban sont réelles. Quels scénarios privilégier depuis que l’ « unité » de la Syrie semble à nouveau privilégiée, telle que l’a assuré en tout cas la résolution de l’ONU en décembre dernier, laquelle a lancé un processus de paix ?

Saad al-Hariri reçu à Moscou par le président Poutine, il y a dix jours
Saad al-Hariri reçu à Moscou par le président Poutine, il y a dix jours Crédits : RIA NOVOSTI

Il y a longtemps que l'humiliant, l'odieux terme de libanisation a supplanté celui de balkanisation dans le dictionnaire, qui le définit comme suit : processus de fragmentation d'un État, résultat de l'affrontement entre diverses communautés. La libanisation, aujourd'hui, ce n'est plus les tueries, les immeubles d'habitation criblés d'impacts d'obus et les végétations sauvages envahissant le centre-ville de Beyrouth ; la libanisation, c'est la ruine, l'une après l'autre, des institutions politiques ; c'est le grippage des mécanismes, d'essence démocratique ou non peu importe, en vérité, à ce stade de déliquescence, qui rendent un pays tout simplement gouvernable. À défaut des Amériques, de l'Afrique ou de l'Australie, ce n'est pas en Iran mais dans les royaumes pétroliers du Golfe que vivent et travaillent avec acharnement des centaines de milliers de Libanais qui, en rapatriant le gros de leurs revenus, aident grandement à maintenir à flots l'économie locale.

Voilà quelque temps déjà qu'il est devenu de bon ton au Liban de mettre tout le monde dans le même sac dès lors que l'on cherche à déterminer les responsabilités des crises, des problèmes, des impasses, des échecs et des catastrophes que connaît ce pays.

Voilà plus de quatre ans que le Liban officiel, du moins en partie, s'efforce par tous les moyens de se distancier de la guerre en Syrie et notamment de son aspect confessionnel. Les intérêts les plus évidents du Liban ont beau être sérieusement menacés, ils sont foule à ne voir dans toute cette guerre des axes livrée au-dessus de leurs têtes qu'une sorte de concours de belles : « Non, l'Iran est mieux que l'Arabie, moins rétrograde »... Ou bien, dans l'autre sens : « Oui, l'Arabie est plus généreuse, moins agressive que l'Iran. »

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