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 A Maaret al-Numan, ville rebelle située au nord de la province kurde d'Idlib, des manifestations marquent l’opposition au régime de Damas.

Syrie : Idlib, un levier turc sur Damas ?

9 min
À retrouver dans l'émission

Une semaine après son entrée en vigueur, le cessez le feu tient toujours dans la province d'Idlib. L'accord russo-turc conclu à Sotchi il y a un mois a pour l’instant évité l’offensive du régime et ses alliés. La Turquie se retrouve au centre du jeu des puissances en Syrie : pour combien de temps?

 A Maaret al-Numan, ville rebelle située au nord de la province kurde d'Idlib, des manifestations marquent l’opposition au régime de Damas.
A Maaret al-Numan, ville rebelle située au nord de la province kurde d'Idlib, des manifestations marquent l’opposition au régime de Damas. Crédits : MAARET AL-NOOMANE - AFP

Malgré une hésitation ces derniers jours, l’évacuation effective des groupes armés sur une bande de 20 km semble appliquée dans la région d'Idlib. Après le retrait des armes lourdes la semaine dernière, l’accord tient toujours et progresse. 

On oublie souvent qu’il y a aussi l’Iran quoi est la 3e partie prenante dans cette négociation de paix pour essayer de «finir » ce conflit syrien…  et l’Iran est aujourd’hui embourbé dans une séquence diplomatique complètement différente, avec la remise en cause par Donald Trump de l’accord sur le nucléaire.   Dorothée Schmid, politologue

Sur le plan diplomatique, les différentes parties affichent bonne volonté et optimise : la Russie se déclare pour l’instant « satisfaite », le Ministre turc des affaires étrangères Mevlut Çavuşoğlu a répété qu'il n'y avait « aucun souci ».  

Certains groupes armés parrainés par Ankara avaient validé l'accord de Sotchi, notamment le Front National de Libération (fondé en mai de cette année), fusion de 11 groupes et force la plus importante en hommes, évaluée à 75 000 combattants ; mais le Hayat Tahrir al Sham historique et dominant dans la région (ex Front Al Nosra) semblait divisé sur l'attitude à adopter : son dernier communiqué ne rejetait pas l'accord mais affirmait le volonté de poursuivre le combat et de faire chuter le régime de Bachar el Assad. 

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La région d'Idlib au Nord Ouest de la Syrie est devenue au fil des ans une nasse rebelle et civile (au moins 60 000 combattants estimés sur trois millions de personnes au total). Son contrôle est une étape stratégique de la guerre et un atout dans la bataille pour la légitimité politique. En établissant des zones tampons et en repoussant l'assaut du régime, l’accord de Sotchi est un point marqué pour la Turquie qui voulait préserver ses relais rebelles face à la Russie et l’Iran principaux soutiens militaire du régime. En stipulant l'organisation de patrouilles mixtes turco-russes, elle a permis à Ankara de poser un second pied militaire en Syrie (outre la frontière Nord). Deux fois ces dernières semaines, des convois blindés turcs ont franchi la frontière.  

En réalité, ces groupes djihadistes radicaux sont d’anciens alliés de la Turquie. On a quand même eu un retournement, quand la Turquie est rentrée dans le jeu diplomatique mené par les Russes. Elle a donc un rôle extrêmement ambivalent vis-à-vis de tous ces groupes terroristes… aussi parce qu’il y a un risque pour la sécurité intérieure turque.   Dorothée Schmid, politologue

En se retrouvant garante de l'application de l'accord, Ankara acquiert donc une position de force en vue d'une éventuelle étape politique (le président Erdogan a déclaré vouloir ne retirer son armée qu'après "des élections crédibles") ; mais c'est aussi une position précaire : puisqu’elle dépend de l’attitude des groupes sur le terrain. La Russie (via Sergueï Lavrov) a d'ailleurs précisé qu’il ne s’agissait que d’un accord temporaire… 

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Bibliographie

Intervenants
  • Chercheuse, responsable du programme Turquie contemporaine et Moyen-Orient de l'IFRI
L'équipe
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