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Un navire de guerre de la marine iranienne prend part à la "Journée nationale du golfe Persique" dans le détroit d'Hormuz, le 30 avril 2019.

Tensions Iran-USA : le temps de l'intimidation est-il passé ?

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De fortes tensions et une certaine confusion dans le Golfe Persique : Ryad dénonce un "sabotage" après que 4 navires ont été endommagés dimanche. Washington renforce ses troupes et invoque une possible attaque iranienne. Mais hier M. Pompeo et A. Khamenei assuraient ne "pas vouloir la guerre".

Un navire de guerre de la marine iranienne prend part à la "Journée nationale du golfe Persique" dans le détroit d'Hormuz, le 30 avril 2019.
Un navire de guerre de la marine iranienne prend part à la "Journée nationale du golfe Persique" dans le détroit d'Hormuz, le 30 avril 2019. Crédits : ATTA KENARE / AFP - AFP

« Est-ce que je le ferais ? Absolument. Mais nous ne l’avons pas planifié. Espérons que nous n’ayons pas à le planifier. Si nous devions le faire, nous enverrions beaucoup plus d’hommes que ça ». Donald Trump l'assure, les Etats-Unis ne vont pas entrer en guerre avec l'Iran. 

Pourtant, quelques jours plus tôt, les relations tendues entre Washington et Téhéran se sont envenimées : déterminée à contrer les sanctions américaines, la République islamique a lancé un ultimatum à l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni pour la sortir de son isolement économique dans les secteurs pétrolier et bancaire. Les Européens n'ont rien voulu céder mais ils ont exprimé leur «vive préoccupation» face à la suspension de Téhéran de certains de ses engagements pris lors de l'accord de 2015.

Une escalade militaire loin d'être avantageuse pour les deux protagonistes

En réaction à cette suspension, les Etats-Unis ont choisi d'étouffer davantage l'économie iranienne en sanctionnant les domaines de l'acier, du fer, de l'aluminium et du cuivre, en plus de l'annonce du déploiement accéléré dans le golfe Persique du porte-avions USS Abraham Lincoln et d’une force de bombardiers le 5 mai.

Washington renforce donc sa présence militaire au Moyen-Orient et envisage même d'envoyer 120 000 soldats américains en cas d'attaque iranienne ou de relance de son programme nucléaire selon le New York Times. Une potentielle "guérilla navale" dans le détroit d'Ormuz, passage essentiel du commerce du pétrole, pourrait avoir lieu.

Les Etats-Unis et l'Iran ont intérêt à une paix froide parce qu'une escalade ne sert ni les intérêts de Trump, qui a une élection l'année prochaine et qui a été élu sur la poursuite de l'agenda d'Obama du retrait des Etats-Unis des interventions extérieures, ni ceux de l'Iran, vu que la population demande une amélioration de la situation économique parce que la récession va être de 6%, voire plus pour cette année, en raison des nouvelles sanctions américaines, selon le FMI. Clément Therme

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Ecoutez l'analyse de Clément Therme sur le choix de Téhéran de proférer des menaces sur l'accord de 2015
Intervenants
  • chercheur post doctorant au CERI à Sciences Po Paris, auteur de « L’Iran et ses rivaux : entre nation et révolution » (Passés Composés, 2020)
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