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Terrorisme. Les responsabilités internationales dans l’essor du djihadisme radical

9 min
À retrouver dans l'émission

Questions internationales n°75
Questions internationales n°75

Les apprentis-sorciers extérieurs au monde musulman non arabe et arabe, en ce qu’ils ont pu flatter ou aider le radicalisme djihadiste, ne sont pas rares. Dans le monde musulman non plus.
Dans un ordre grossièrement chronologique, les États-Unis s’appuyant sur les « combattants de la liberté » afghans. L’Iran khomeyniste avec son « exportation de la révolution » dans les années 80. Israël avec le Hamas à la fin des années 80 (pour affaiblir l’OLP).

Le Pakistan avec les talibans afghans à partir de 1996. L’Afghanistan des talibans, bien sûr (1996-2011). L’Arabie Séoudite avec la diffusion du wahhabisme au Moyen-Orient et en Asie centrale. Les États-Unis avec la dévastatrice invasion de l’Irak en 2003 et, surtout, l’abolition du parti unique, de l’armée, des services, etc. Le Premier ministre irakien Maliki, durant huit ans, rejetant la minorité sunnite. Certains États du Golfe tels le Qatar, pour contrer les sunnites syriens ou autres. La Turquie islamo-conservatrice, dont l’ambiguïté paraissait complaisante et assumée à l’égard des islamistes radicaux syriens. Bref, les torts peuvent partagés, peu ou prou. Avec quelles conséquences ?

CETTE EMISSION EST REALISEE EN PARTENARIAT AVEC LA REVUE QUESTIONS INTERNATIONALES

Islamic State militants lead what are said to be Ethiopian Christians along a beach in Wilayat Barqa, in this still image from a
Islamic State militants lead what are said to be Ethiopian Christians along a beach in Wilayat Barqa, in this still image from a Crédits : Reuters

Sur le site de l’IRIS, Didier Billion nous rappelle que pour combattre efficacement Da’ech, il n’y a rien de plus urgent que de tout faire pour aider à la restauration de l’autorité du gouvernement d’union de Bagdad, dans le respect des droits et devoirs de toutes les composantes de la société irakienne. C’est aussi pourquoi l’une des priorités est de réduire le soutien que certaines tribus sunnites fournissent aujourd’hui aux djihadistes et de les ramener dans le jeu politique national.

Jean-Charles Brisard, grand spécialiste du terrorisme et de son financement, explique l’évolution du terrorisme à l’échelle internationale, mais aussi ses conséquences sur le territoire des pays européens. La menace terroriste reste hélas difficile à déterminer au vu de la grande diversité des profils et des différents types d’endoctrinement.

Le site Politique Etrangère nous propose une intéressante analyse croisée de deux livres consacrés à L’Etats Islamique. Les approches du phénomène djihadiste proposées par ces deux auteurs se complètent : tandis que le premier illustre, à travers son argumentaire, en quoi l’Occident est tombé dans le « piège Daech », fruit du « retour de l’Histoire », le second met en avant la duplicité de nos politiques occidentales qui ont longtemps soutenu – et continuent d’ailleurs – des puissances régionales trop étroitement liées aux mouvances radicales… dans le but d’affaiblir les anciennes puissance pétrolières émergentes.

De son côté, Patrice Gourdin, qui enseigne les relations internationales et la géopolitique auprès des élèves-officiers de l’Ecole de l’Air française, ne peut que constater amèrement que le Califat s’enracine chaque jour davantage du simple fait que personne ne se trouve actuellement en mesure de le déloger. L’asymétrie favorise la sanctuarisation. Parallèlement, la mouvance terroriste que le Califat inspire à l’échelle mondiale persiste et s’amplifie, sans se structurer en réseau, ce qui complique considérablement le renseignement, la parade et l’éventuelle riposte.

Au sein de l’IFRI, Denis Bauchard est conseiller spécial pour le Moyen-Orient. Il a produit une synthèse extrêmement riche et documentée (de 31 pages, disponible ici au format .pdf) pour analyser, entre autres, quels peuvent être les scénarios d’évolution du djihadisme dans les prochaines années.

A Paris, l’Assemblée Nationale française a publié, au début de cet été, un rapport sur la surveillance des filières et des individus djihadistes à l’intérieur du territoire du pays. L’AUGMENTATION ALARMANTE DU NOMBRE DE DÉPARTS VERS LA ZONE IRAKO-SYRIENNE ET CELLE, PLUS LARGE, DU NOMBRE DE PERSONNES RADICALISÉE, LA DIVERSITÉ DES PROFILS DES DJIHADISTES ET DES INDIVIDUS RADICALISÉS, UNE MENACE TERRORISTE D’UNE AMPLEUR ET D’UNE NATURE NOUVELLES. Nous vous en livrons ici le texte intégral.

De son côté, le Sénat français vient tout juste de publier son propre rapport, intitulé : « Filières djihadistes, pour une réponse globale et sans faiblesse ». Avec ce terrible constat que la situation d'instabilité politique en Irak et de guerre civile en Syrie ne semble pas devoir prendre fin à court terme.

Intervenants
  • conseiller pour le Moyen-Orient à l’Institut français de relations internationales (IFRI), ancien diplomate, ancien directeur d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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