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"J'aime la corruption" déclare cette caricature du président tunisien Beji Caid Essebsi, lors d'une manifestation organisée à l'automne dernier avenue Habib Bourguiba à Tunis, par le mouvement Manich Msamah ("je ne pardonne pas")

Economie, gouvernance : la Tunisie à une «étape fondamentale» ?

10 min
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Une « trajectoire » démocratique « irréversible » : ce sont les termes optimistes qu’avait choisis Emmanuel Macron pour la presse tunisienne avant son arrivée en Tunisie.

"J'aime la corruption" déclare cette caricature du président tunisien Beji Caid Essebsi, lors d'une manifestation organisée à l'automne dernier avenue Habib Bourguiba à Tunis, par le mouvement Manich Msamah ("je ne pardonne pas")
"J'aime la corruption" déclare cette caricature du président tunisien Beji Caid Essebsi, lors d'une manifestation organisée à l'automne dernier avenue Habib Bourguiba à Tunis, par le mouvement Manich Msamah ("je ne pardonne pas") Crédits : CHEDLY BEN IBRAHIM / NURPHOTO - AFP

Quelques heures après son arrivé, le bilan de cette première visite se solde par huit déclarations d’intention, dont un fonds de 50 millions d’euros  pour les jeunes entrepreneurs, un prêt de 100 millions d’euros pour  réformer l’Etat, ou la création d’une université franco-tunisienne. 

Ces mesures bien ciblées veulent traduire l’attention portée par l’Elysée à une Tunisie agitée par des troubles sociaux récurrents, pour l’emploi et contre les hausses d’impôts. Sept ans après la Révolution de Jasmin,  les difficultés économiques et les inégalités sociales continuent de fragiliser le pays. Le taux de chômage des jeunes atteint 30 %, celui  des cadres est de 40 %. 

Les élections municipales, ce n'est pas pour obtenir une part du gâteau : c'est pour nous l'occasion de faire émerger une nouvelle génération qui rompt avec le leadership actuel, essentiellement des jeunes et des femmes. - Mehdi Jomaa

Après deux semaines d’émeutes, le gouvernement tunisien a annoncé fin janvier une aide pour les familles les plus pauvres ; mais la crise sociale rampante pourrait menacer les progrès démocratiques, au point de  risquer une « dérive autoritaire » selon un dernier rapport de l’International Crisis Group. Alors que Human Rights Watch dénonçait  hier des violences et arrestations troubles, le président Béji Caïd Essebsi a dans le même discours renvoyé la responsabilités des violences aux « casseurs » et demandé l’indulgence pour une jeune démocratie. 

La perspective des élections municipales en mai prochain, et de la présidentielle en 2019 conduit les autorités à réduire la pression. Mais pour l’ancien premier ministre « technocrate » et fondateur du parti  Albadil Ettounsi Mehdi Jomaa, c’est l’occasion de plaider pour une réforme globale, de la gouvernance et de l’économie. Inquiet d’une « fracture » sociale en Tunisie, il dénonce une dérive  clanique et une gestion économique d’« amateur » de la coalition au pouvoir. Son programme se veut sans idéologie, de développement et de responsabilisation, assez semblable à celui d’un parti comme LREM. 

Y a-t-il une solution technocratique à la fracture tunisienne ?  

AlBadil Ettounsi @AlBadil_France

@TEnjeux @XXMonde 

Quelques vidéos pour éclairer en images le thème d'aujourd'hui :

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Intervenants
  • homme politique tunisien, fondateur du parti Albadil Ettounsi
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