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Le secrétaire général de l'UGTT, Noureddine Taboubi, prononce un discours au siège du syndicat (UGTT) lors d'une grève générale dans la capitale Tunis le 17 janvier 2019.

Tunisie : huit ans après, comment sortir de l'hiver post-révolutionnaire ?

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Près d'un million de salariés étaient appelés à manifester lors d'une grève générale de 24h hier en Tunisie: la plus massive depuis la Révolution. Comme en 2011, les revendications sociale et le refus de la politique économique du premier ministre se mêlent au cri de : "Gouvernement, dégage !"

Le secrétaire général de l'UGTT, Noureddine Taboubi, prononce un discours au siège du syndicat (UGTT) lors d'une grève générale dans la capitale Tunis le 17 janvier 2019.
Le secrétaire général de l'UGTT, Noureddine Taboubi, prononce un discours au siège du syndicat (UGTT) lors d'une grève générale dans la capitale Tunis le 17 janvier 2019. Crédits : FETHI BELAID - AFP

Le 17 janvier 2019, l'UGTT, l'Union Générale Tunisienne du Travail, a organisé une grève générale massive de la fonction publique pendant 24 heures pour contester la situation sociale et économique désastreuse de la Tunisie.  8 ans après le printemps arabe tunisien, les manifestations semblent se répéter car les motifs sociaux et économiques sont les mêmes en dépit de la transition démocratique déclenchée en 2011. Près de 41 millions de personnes se sont mobilisées.

Des évolutions dans les revendications doivent être toutefois soulignées. La transition démocratique a provoqué un changement dans le positionnement de l'UGTT qui s'est fortement impliquée dans le dialogue national et la stabilité du climat politique. Aujourd'hui, la question de la souveraineté nationale est essentielle car le pouvoir des bailleurs de fonds dans la politique gouvernementale est clairement dénoncé par la population.

La décentralisation, une revendication territoriale pervertie par la Banque Mondiale

La décentralisation est une revendication de justice territoriale pervertie par une des réformes structurelles libérales de la Banque Mondiale, c'est-à-dire une désengagement de l'Etat et une autonomie financière et administrative des régions. Sauf que ces régions n'ont pas les moyens financiers et humains pour être réellement autonomes. Hèla Yousfi

Le gouvernement Chahed, élu en 2016, compte poursuivre les recommandations libérales des bailleurs de fond malgré l'espoir d'émancipation économique et politique qu'il a pu susciter auprès de ses électeurs.

Intervenants
  • Maître de conférences en management et organisation à l'Université Paris Dauphine, vice-présidente du Cercle des Economistes Arabes.
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