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Recep Tayyip Erdogan célébrait hier l'anniversaire de la bataille des Dardanelles, également appelée bataille de Gallipoli,  durant laquelle les troupes de l'Empire ottoman écrasèrent les armées coloniales britanniques et françaises

Turquie : entre récession et élections, la voie étroite pour l’AKP ?

9 min
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A deux semaines des élections locales, 1/4 des électeurs turcs sont indécis. L'annonce officielle il y a une semaine de la première récession depuis 10 ans affaiblit l’AKP du président Erdogan qui multiplie les meetings et les postures nationalistes face à une opposition qui se réorganise.

Recep Tayyip Erdogan célébrait hier l'anniversaire de la bataille des Dardanelles, également appelée bataille de Gallipoli,  durant laquelle les troupes de l'Empire ottoman écrasèrent les armées coloniales britanniques et françaises
Recep Tayyip Erdogan célébrait hier l'anniversaire de la bataille des Dardanelles, également appelée bataille de Gallipoli, durant laquelle les troupes de l'Empire ottoman écrasèrent les armées coloniales britanniques et françaises Crédits : Ali Balikci / ANADOLU AGENCY - AFP

Nous ne sommes plus dans une configuration où Recep Tayyip Erdogan est sûr de gagner les grandes municipalités. Ahmet Insel

Depuis un mois, Recep Tayyip Erdogan s'implique fortement dans les élections municipales turques qui vont avoir lieu le 31 mars prochain. Pour la première fois depuis dix ans, le pays est en récession économique, un contexte très défavorable pour le parti d'Erdogan, l'AKP, qui a l'habitude de faire de l'économie prospère son cheval de bataille à chaque campagne électorale.

La Turquie compte 30 métropoles et 51 chefs-lieux de province. Selon l'AFP, dans certaines municipalités, les électeurs devront élire leur maire mais aussi les maires de leur district, les membres de l'assemblée municipale de leur district ainsi que le "muhtar", sorte de chef de quartier.

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Le ralentissement de l'économie était attendu depuis quelques années et le gouvernement Erdogan a maintenu une politique de croissance un peu surchauffée par des moyens de bord qui s'épuisent aujourd'hui. Par exemple, les réserves de la banque centrale diminuent, il y a une fuite des capitaux et un ralentissement très important des investissements directs étrangers. Ahmet Insel

Istanbul et Ankara : deux villes qui pourraient changer la donne pour les élections municipales

La situation économique et financière du pays menace la popularité d'Erdogan. La lire turque, la monnaie locale, a perdu plus de 30% de sa valeur en moins d'un an. Au pouvoir depuis 16 ans, le président turc ne veut pas perdre les grandes villes : Ankara pourrait être remportée par Mansur Yavas, candidat du CHP, Parti républicain du peuple, et du Bon Parti. Avec Istanbul, la capitale fait partie des villes sous le contrôle de l'AKP depuis 1994.

L'image de marque et d'apparition de l'AKP est associée à la gestion d'Ankara et d'Istanbul. Ahmet Insel

Pour lutter contre l'inflation, et contre une désaffection possible des électeurs issus de la classe moyenne, le gouvernement a installé des stands municipaux vendant des fruits et des légumes à prix cassés comme le souligne ce reportage de France 24 :

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Recep Tayyip Erdogan ne tient plus compte de son serment constitutionnel : il multiplie les meetings et espère obtenir des résultats similaires à ceux de 2014, élections durant lesquelles le Parti Justice et Développement a gagné une grande partie des villes turques. 

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58 sec
Malgré le déficit budgétaire, le président turc poursuit les inaugurations de projets coûteux comme le nouvel aéroport international d'Istanbul ou le nouvel hôpital d'Ankara pour rester dans une logique de municipalité prenant soin de ses usagers

Kemal Kiliçdaroglu, leader du CHP, et le HDP, Parti démocratique des peuples, sont constamment dans le viseur de la presse officielle et du président turc. Le HDP, prokurde, est accusé par les autorités d'être lié au PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, organisation classée terroriste par la Turquie, l'Union Européenne et les Etats-Unis.

Depuis le putsch manqué de 2016, plus de 77 000 personnes ont été enfermées sans jugement et 150 000 fonctionnaires et militaires ont été limogés ou suspendus de leurs fonctions. 

Le 27 février, dix ONG, dont Amnesty International et Reporters Sans Frontières, ont dénoncé avec vigueur le "harcèlement judiciaire" mené par les autorités sur la société civile. Le 19 février, la justice turque a confirmé la condamnation en appel de 14 employés du journal d'opposition Cumhuriyet, accusés de soutenir le réseau du prédicateur Fethullah Gülen.

Intervenants
  • Professeur retraité de l’université de Galatasaray à Istanbul, éditeur
L'équipe
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