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Union européenne. Conseil européen : le défi des actuelles migrations massives

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La question des migrants, provenant essentiellement du Proche-Orient (environ un million d’entre eux est arrivé en Allemagne cette année), aura des conséquences considérables et durables sur l’ensemble de l’Europe. En septembre dernier le président de la commission, M. Juncker, avait proposé des quotas obligatoires, idée reprise par la chancelière allemande, qui a aussitôt créé un immense appel d’air, sans concertation. Or, les inconséquences et les contradictions de l’Allemagne sont nombreuses : les quotas obligatoires constituent une machine à diviser les Européens, ce qui n’a pas manqué d’arriver Mme Merkel ne distingue pas les réfugiés politiques des migrants économiques elle distribue à l’envi le droit d’asile.

Peu après débordée par l’ampleur de la situation, elle demande à la Turquie de contenir ce flot, moyennant une aide européenne de trois milliards d’euros (qui en contrôlera l’utilisation ?) et l’acceptation des conditions d’Ankara, entre autres la reprise des négociations sur l’adhésion à l’Union européenne. On rappelle qu’Ankara est accusée d’avoir aidé l’État islamique et, comme pays candidat, occupe 38 % d’un autre pays membre (Chypre).

Th. G.

A Syrian refugee holding a baby in a lifetube swims towards the shore after their dinghy deflated some...
A Syrian refugee holding a baby in a lifetube swims towards the shore after their dinghy deflated some... Crédits : Reuters

En Turquie , ce pays qui postule à nouveau pour devenir un jour membre de l’Union Européenne, Amnesty International a réuni de nombreux témoignages, dénonçant une "violation directe du droit international" : le gouvernement d'Erdogan a interpellé et placé en détention "de très nombreux, peut-être des centaines de réfugiés et demandeurs d'asile. Certains (réfugiés) ont rapporté avoir été enchaînés, battus et transportés de force dans le pays qu'ils avaient fui". "Lorsqu'ils vous passent des chaînes aux mains et aux jambes, vous avez l'impression d'être un esclave", a ainsi déclaré à l'ONG un Syrien âgé de 40 ans.

En République tchèque, en Slovaquie, en Pologne et en Hongrie , les gouvernements sont décidé de faire front commun contre toute idée de « mini-Schengen », telle qu’elle a été évoquée par le président de l’Eurogroupe suite aux attentats de Paris et en lien avec la répartition des réfugiés. Jeroen Dijsselbloem avait en effet estimé que la zone Schengen ne pouvait pas être viable si seulement quelques rares pays membres de l’Union acceptaient le mécanisme d’accueil des réfugiés qui affluent en Europe. Ces propos ont évidemment fait bondir les représentants des pays du groupe de Visegrad, qui ont adopté une déclaration commune refusant « toute prise en otage » sur la question des réfugiés : « La République slovaque possède une frontière de Schengen avec l’Ukraine et elle remplit ses obligations qui découlent de ce fait. Au nom du gouvernement tchèque, je ne peux que répéter que nous sommes prêts à aider, sur une base bilatérale, tous ceux qui ont des problèmes pour protéger les frontières de Schengen. Enfin, je tiens à préciser que le gouvernement slovaque a déposé plainte mercredi à la Cour de justice de l'Union européenne à Luxembourg, contre la décision du conseil des ministres de l’Intérieur de septembre dernier de mettre en place des quotas migratoires obligatoires. »

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der Spiegel - 1déc 2015
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