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à la gare Keleti de Budapest, à l'automne dernier

Union européenne. La politique migratoire allemande, un échec durable ?

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Les Européens sont profondément et durablement divisés sur les politiques migratoires en Europe. Des clivages importants sont apparus en la matière depuis l’été 2015. En cause, notamment, l’appel d’air massif provoqué par l’Allemagne, au profit essentiellement des migrants syriens.

à la gare Keleti de Budapest, à l'automne dernier
à la gare Keleti de Budapest, à l'automne dernier Crédits : REUTERS/Bernadett Szabo - Maxppp

Plus d'1,1 million ont été accueillis au cours de l’année 2015. Par-delà la compassion nécessaire, que reproche-t-on à l’Allemagne ?

  • Elle « fait son marché » de jeunes actifs, ne sachant comment financer à terme les retraites.
  • Elle accentue les divergences intra-partisanes, dans un gouvernement de coalition.
  • Elle ne distingue pas entre réfugiés politiques et migrants économiques.
  • Elle accorde le droit d’asile politique à tout le monde.
  • Elle a imposé à Bruxelles des quotas obligatoires par pays, machine à diviser les Européens et quotas d’ailleurs non appliqués.
  • Elle contribue paradoxalement à élever des murs aux frontières.
  • Elle fait voler en éclats le système Schengen et le règlement Dublin 3 sur le droit d’asile.
  • Elle avive le populisme et renforce les extrêmes-droites.
  • Elle permet aux terroristes de s’engouffrer dans la brèche sans autre forme de procès.
  • Elle cède aux exigences turques, affaiblissant la position de l’Union européenne.
  • Elle est désormais et ouvertement débordée, faisant brutalement marche arrière. Th. G.
Hollande & Merkel à Paris, en 2015
Hollande & Merkel à Paris, en 2015 Crédits : REUTERS/Pascal Rossignol - Maxppp

Samedi dernier, la chancelière allemande a estimé lors d'un congrès régional de son parti que, lorsque la paix sera revenue en Syrie, ils repartiront dans leur pays d'origine, "munis du savoir" acquis en Allemagne. Dans son discours, Angela Merkel a également fait référence aux réfugiés venus d'ex-Yougoslavie dans les années 90, dont selon elle 70% ont refait le voyage en sens inverse après la fin des violences dans ces pays.

Dimanche dernier, quinze jeunes ingénieurs libanais, sélectionnés pour aller faire carrière en Allemagne, ont pris l'avion pour Düsseldorf. Ils vont bénéficier gratuitement d'une formation de un à cinq mois à l'université d'Aix-la-Chapelle, comportant, outre des cours supérieurs de management couronnés par l'octroi d'un certificat, l'apprentissage de la langue allemande.  L'ambassadeur allemand à Beyrouth précise aussi qu'« ils seront encadrés et accompagnés jusqu'à ce qu'ils décrochent un emploi et s'établissent de manière stable ». Stable, parce qu'au bout de 21 mois de travail, chaque travailleur peut bénéficier d'un permis de séjour et déposer, 8 ans après le début de son activité, une demande de nationalité.

Toujours est-il que le plan initial de la chancelière, qui consistait à répartir les réfugiés entre tous les pays de l'UE, a échoué.  L'Allemagne n'a pas été capable de convaincre la Pologne, la Slovaquie ou la République tchèque de remplir leurs obligations. Et d'autres Etats, comme le Danemark, la Suède ou l'Autriche, ferment leurs frontières ou établissent des quotas. Il ressort de cette année de forte immigration que, au final, les priorités de politique intérieure allemande semblent désormais déterminer les priorités de l'Union européenne.

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