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Union européenne : les anciens pays de l’Est et l’euro

8 min
À retrouver dans l'émission

Emission diffusée en partenariat avec la revue QUESTIONS INTERNATIONALES

L-euro-un-dessein-inacheve
L-euro-un-dessein-inacheve

Le dernier pays à avoir adhéré à la monnaie unique a été la Lituanie (ex-république balte soviétique) en janvier dernier. Pourtant, un certain nombre d’anciens pays de l’Est ne pourraient pas ou ne veulent pas intégrer la zone euro. Doit-on porter un regard sur cette zone euro en fonction du passé communiste de ses membres ? Pourquoi certains d’entre eux ont-ils voulu rapidement adopter la monnaie unique, peu de temps après leur intégration à l’Union européenne ? Ont-ils rempli les conditions préalables ? Qu’en espéraient-ils, qu’en ont-ils retiré ? Cela, dans le triple contexte chahuté de la crise économique mondiale, de la crise des dettes souveraines, de la crise grecque (l’Allemagne et certains anciens pays de l’Est ont même souhaité un temps le départ de la Grèce de la zone euro) ? Pourquoi d’autres traînent-ils les pieds ? L’Europe communautaire peut-elle continuer à se « détricoter » ainsi ?

Th. G.

annual New Year address December 31, Jacques Chirac said that Euro would lead France  lead France into an era of economic growth
annual New Year address December 31, Jacques Chirac said that Euro would lead France lead France into an era of economic growth Crédits : Reuters

En Pologne, qui fait maintenant figure de fille ingrate de l’Europe (nous vous en parlons dans notre émission d'hier), le gouvernement tout nouvellement élu est bien décidé à ce que le pays reste en-dehors de la zone euro. A quelques centaines de kilomètres des tours rutilantes de la capitale, le pays compte des régions entières, agricoles ou minières, qui souffrent du chômage, même si celui-ci est en baisse à l’échelle de tout le pays. Et environ 2,5 millions de Polonais (sur les 38 millions que compte le pays), des jeunes surtout, ont été obligé de s’expatrier, la plupart justement… en Europe occidentale, alors même qu’«aujourd’hui, les Polonais en ont assez de l’Europe» ! Une des premières mesures du prochain gouvernement, a annoncé Beata Szydlo pendant la campagne électorale, sera de démanteler le bureau qui doit préparer l’entrée de la Pologne dans la monnaie unique européenne.

En Tchéquie , c’est tout le contraire : en accédant au pouvoir Miloš Zeman avait tenu à se distancer nettement de son prédécesseur Václav Klaus, un eurosceptique notoire. Le discours pro-euro tenu actuellement à la tête de l’Etat est une évolution notable par rapport au discours officiel des années précédentes. Néanmoins, cette position favorable à l’adoption de l’euro ne fait pas l’unanimité au sein de la coalition gouvernementale.

En Roumanie aussi, le projet est mainenant de rejoindre la monnaie unique européenne. Le Premier ministre Victor Ponta a retenu la date du 1er juillet 2019 pour adhérer à la zone euro. Au vu des projets de l'Allemagne et de la France, Bucarest doit accélérer le pas, estime le journaliste économique Moise Guran sur son blog Biziday : "Les ministres de l'Economie [allemand et français] Sigmar Gabriel et Emmanuel Macron ont évoqué dans une tribune commune une union financière censée compléter l'Union monétaire. Ils n'envisagent pas seulement une politique financière commune, mais aussi un budget commun. Un tel projet pourrait néanmoins diviser l'UE entre une région totalement intégrée et une autre qui le serait moins.

Intervenants
  • économiste senior à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)
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