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 Après avoir été, pendant dix ans, le procureur général de la République bolivarienne du Venezuela, Luisa Ortega Díaz a été obligée de fuir pour se réfugier en Colombie, où elle donne ici une conférence de presse sur la situation de son pays

Venezuela : sans opposition, le régime chaviste est-il en roue libre ?

10 min
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Nicolas Maduro est absent du grand sommet ibéro-américain qui s'ouvre aujourd'hui au Guatemala. Mais la crise au venezuelienne sera bien un des sujets centraux. La pression internationale s'accroît et les figures de l'opposition continuent d'agir en exil : certains préparent-ils un retour ?

 Après avoir été, pendant dix ans, le procureur général de la République bolivarienne du Venezuela, Luisa Ortega Díaz a été obligée de fuir pour se réfugier en Colombie, où elle donne ici une conférence de presse sur la situation de son pays
Après avoir été, pendant dix ans, le procureur général de la République bolivarienne du Venezuela, Luisa Ortega Díaz a été obligée de fuir pour se réfugier en Colombie, où elle donne ici une conférence de presse sur la situation de son pays Crédits : RAUL ARBOLEDA - AFP

La crise migratoire vénézuélienne occupera une partie des débats du sommet ibéro-américain qui débute aujourd'hui à Antigua. Selon le UNHRC et l'OIM, 2 400 000 personnes ont quitté le Vénézuela depuis 2015. La crise économique (récession de 18 %, hyperflation de 1 350 000 %) et sanitaire (80 % des matériels médicaux et médicaments manquent) pousse chaque jour environ 5000 personnes hors du pays. Ces flux préoccupent les pays limitrophes et commencent à peser sur leurs économies : plus de 800 000 arrivées en Colombie, 500 000 au Pérou, 220 000 en Equateur, pour la seule période 2017-2018...  

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Les raisons de l'exil sont évidemment économiques, sanitaire, et pour une partie des vénézuéliens elles sont d'abord politiques. Ce sont les "résistants" d'un documentaire réalisé par François-Xavier Freland, qui sera diffusé  le 24 novembre sur Public Sénat. 

Parmi ces exilés politiques volontaires, un certain nombre de jeunes étudiants ou activistes ; également certaines des principales figures de l'opposition au régime chaviste : les historiques Leopoldo Lopez, Julio Borges, Antonio Ledezma qui s'étaient regroupés dans une plateforme commune, la "Table de l'Unité Démocratique" (MUD), désormais éparpillés en Colombie ou en Espagne. 

La répression politique est très violente. On est face à une neo-dictature : le régime essaye de montrer une image toujours louable et essaye de rester dans le supportable. A titre d’exemple, Sergio Contreras s’est retrouvé pendant un an dans une prison militaire, alors qu’il n’aurait jamais dû y être.  Ce jeune journaliste a été arrêté alors qu’il couvrait professionnellement une manifestation… Il a été jugé par un tribunal militaire, et a subi une torture psychologique absolument effroyable : on n’est pas loin de certaines méthodes du fascisme.    François-Xavier Freland, reporter

Certains partisans du régime sont aussi devenu ses plus farouches opposants : c'est le cas de l'ancienne procureure Luisza Ortega Diaz. Cette fervente chaviste (elle s'était opposée aux manifestations de 2014 et avait fait emprisonner Leopoldo Lopez), est devenue la cible du régime pour avoir enquêté sur la corruption au sein du gouvernement. Après 13 changement de domicile, elle a finir par fuir en Colombie il y a un an d'où elle continue de dénoncer les agissements, seule à poser face à la caméra devant le drapeau du Venezuela et de la Justice nationale, presque en campagne. 

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L'ancien président de l'Assemblée Nationale et Responsable National du parti Primera Justicia, qui avait tenté une médiation entre opposition et gouvernement en exil, a du également fuir après avoir été violemment agressé trois fois au sein même du Parlement. Lui non plus n'a pas renoncé au combat politique, auprès des instances européennes, ou des dirigeants latino-américains. Dans le documentaire, il évoque même un éventuel gouvernement en exil.

Luisa Ortega Díaz s’est enfuie de manière rocambolesque, après avoir été démise de ses fonctions. C’est une femme qui s’est dressée devant un régime machiste . Dans mon film, je l’appelle « la persécutée ». Elle a déménagé une quinzaine de fois, tellement on la pourchassait, elle avait des menaces de mort permanentes. Et  elle a vécu un cauchemar à partir du moment où elle a critiqué la violation des droits humains et la corruption : on lui a mené une guerre. A Bogota, elle est sort très peu de chez elle. Elle a très très peur des Sicarios, les tueurs à gage venus du Venezuela, et elle lutte depuis la Colombie contre un régime qu’elle considère comme totalement fascisant.       François-Xavier Freland, reporter

L'opposition vénézuélienne apparaît donc plus diverse qu'il y a deux ans, mais pas moins sûre d'elle et de son droit : répartie sur plusieurs générations, hétérogène, et relativement désorganisée. Pour l'instant la plateforme commune MUD a été brisée, elle s'est aussi retiré du jeu politique (boycott de l'élection présidentielle en mai 2018). 

Quel sera l'avenir politique du Venezuela? Julio Borges évoque trois scénarios possibles : l'explosion sociale, la prise de distance des militaires envers le régime, et l'effondrement sous la pression internationale (sanctions). Pour l'instant rien n'indique une direction plutôt qu'une autre.

Un documentaire, intitulé "Les Résistants, le combat des exilés vénézuéliens", est réalisé par notre invité :

Co-produit par Mélissandre films et Public Sénat, il sera diffusé le samedi 24 novembre à 21h CET sur la chaîne de télévision publique française Public Sénat (gratuitement accessible via TNT, box et satellite). 

Il sera également diffusé les dimanche 25/11 à 10h, samedi 1/12 à 22h30, dimanche 2/12 à 11h30, samedi 8/12 à 23h30, dimanche 9/12 à 12h30 (toutes heures C.E.T.)

Mélisande films / Public Sénat
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Intervenants
  • reporter, journaliste indépendant, ancien correspondant à Caracas pour France 24 et RFI (2008-2012)
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