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Un élève rédige en breton à l'école Diwan de Le Relecq-Kerhuon

De Morlaix à Biarritz, la rentrée des langues régionales

13 min
À retrouver dans l'émission

En Bretagne et ailleurs, des écoles font leur rentrée dans des langues régionales. L'enseignement "immersif" a pourtant été déclaré illégal par le Conseil Constitutionnel en mai 2021. Jusqu'où peut-on régionaliser l'éducation ?

Un élève rédige en breton à l'école Diwan de Le Relecq-Kerhuon
Un élève rédige en breton à l'école Diwan de Le Relecq-Kerhuon Crédits : FRED TANNEAU - AFP

La loi Molac, adoptée le 8 avril 2021 par l'Assemblée nationale, reconnaît le patrimoine linguistique des langues régionales en France. Saisi au bout d'une procédure houleuse, le Conseil constitutionnel a déclaré illégal l'enseignement immersif, qui prévoit "d'utiliser comme langue principale d'enseignement et comme langue de communication au sein de l'établissement" une langue minoritaire.

Depuis, les écoles "Diwan" en Bretagne, qui accueillent plus de 4000 élèves, sont dans l'illégalité. Comment qualifier leur projet pédagogique, et comment envisager leur avenir après la censure de la loi Molac ? Que nous dit la prolifération d'écoles au curriculum atypique sur l'éducation en France ? Pour en discuter, nous accueillons Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS, enseignant à Sciences Po Rennes, spécialiste de la Bretagne.

Un choix éducatif informé

En France, 120.000 élèves dans le public ou le privé suivent un enseignement en langue régionale, immersif ou bilingue. Un choix d'ouverture, selon Romain Pasquier

Ce sont surtout des élèves issus des classes moyennes, avec des parents qui font le choix d'une insertion dans un parcours bilingue pour les ouvrir au monde et leur donner davantage de facilités dans le maniement des langues. 

Le rapport parlementaire du 21 juillet 2021 suite à la censure du Conseil constitutionnel le confirme : 

Ce sont des bons élèves, qui poursuivent leurs études et qui ont une très bonne insertion professionnelle.  

Enjeu politique, enjeu de patrimoine

Pour Romain Pasquier, les mobilisations de ces derniers jours en Bretagne sont le symptôme d'une inquiétude vive sur la survie des langues régionales : 

Ce mouvement associatif, souvent financièrement précaire, cherche à faire vivre et à développer ces langues régionales qui sont en danger d'extinction.

La décision du Conseil constitutionnel a été perçue un peu comme un couteau dans l'eau, comme une menace juridique qui n'était pas nécessaire, tant l'action de ces associations ne menace en rien l'avenir de la République.

Querelles anciennes

La large majorité à l'Assemblée Nationale pour la loi Molac a créé un malaise autour de la saisine constitutionnelle, alors que peu après, en pleine campagne pour les élections régionales, Macron déclarait son soutien à l'enseignement immersif. 

Un trouble politique qui naît de débats politiques récents et anciens, selon Romain Pasquier:

Je pense que dans un contexte d'hystérisation sur les séparatismes, on a mis les langues régionales dans le grand bain bouillonnant de toutes les formes de communautarisme, et malheureusement pour elles, ça pourrait être un coup de trop.  

C'est ce vieux clivages idéologiques entre Girondins et Jacobins qui remonte à la Révolution française qu'on retrouve dans l'article 2 de notre Constitution.

Intervenants
  • Directeur de recherche au CNRS, enseignant à Sciences Po Rennes, spécialiste de la Bretagne.
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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