LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Des employés de l'usine Toyota d'Onnaing en avril 2020

D’Onnaing à Douai, l’avenir de la voiture passe par les Hauts-de-France

14 min
À retrouver dans l'émission

L'avenir de l'automobile français est dans les Hauts-de-France, et ce malgré la pénurie de semi-conducteurs qui a récemment mis à l'arrêt l'usine d'Onnaing. Comment cette région cherche-t-elle à peser dans une industrie hyper-compétitive ?

Des employés de l'usine Toyota d'Onnaing en avril 2020
Des employés de l'usine Toyota d'Onnaing en avril 2020 Crédits : FRANCOIS LO PRESTI - AFP

L'usine Toyota dans le Nord-Pas-de-Calais est emblématique de la résilience de l'industrie automobile en France, alors que Renault et Peugeot cherchent à profiter d'une main d'œuvre moins onéreuse en Europe de l'Est. Comment construire une activité industrielle coordonnée dans une région ? La France saura-t-elle profiter du regain d'activité industrielle prévue avec la production de voitures électriques ?

Pour en parler avec nous, Tommaso Pardi, sociologue, directeur du Gerpisa, le groupe d'étude et de recherche permanent sur l'industrie et les salariés de l'automobile. 

La construction automobile en difficulté

L'usine Toyota d'Onnaing a repris son activité lundi après une pénurie mondiale de composantes électroniques, composantes dont l'importance s'accroît à mesure que la voiture s'électrifie.

On a affaire à un problème structurel, qui pourrait d'ailleurs annoncer des pénuries dans d'autres domaines de production, comme par exemple les batteries.

Cette pénurie touche l'ensemble des constructeurs et donc crée une situation où l'offre automobile est inférieure à la demande. Cela permet aux constructeurs de tirer leur épingle du jeu en vendant leurs véhicules plus cher et avec des marges plus importantes. Tommaso Pardi

Onnaing fait exception

L'usine Toyota à Onnaing, près de Valenciennes, est le dernier site d'assemblage d'automobiles à s'être installé en France, en 2001. Avec environ 250.000 voitures de catégorie B produites à l'année, elle a connu une croissance régulière.

Récemment, on a injecté 400 millions d'euros supplémentaires pour porter la capacité à 300 mille véhicules. (..) En France, il n'y a pas beaucoup d'autres sites d'assemblage automobile qui ont connu une telle trajectoire lors des dernières quinze années. Tommaso Pardi

Selon Tommaso Pardi, les constructeurs français misaient eux sur la délocalisation : 

Cette délocalisation massive a été justifiée sur la base d'une doctrine qui était énoncée de manière explicite pour la première fois par Carlos Ghosn lors des États généraux de l'industrie en 2008, et qui consistait à dire que vu les faibles marges sur ces véhicules, on ne pouvait pas les produire en France. Et donc, il fallait monter en gamme.

On a perdu 50 % de la production automobile et on réimporte en France les véhicules du segment B qui sont désormais produits partout en Europe, en Espagne, dans les pays d'Europe centrale et orientale, en Turquie et plus récemment au Maroc.

Le déficit commercial de la France pour l'automobile a été de 15 milliards d'euros en 2019 et en 2020, alors qu'on avait un surplus de 13 milliards d'euros en 2004.Tommaso Pardi

Intervenants
  • Codirecteur du GIS Gerpisa (Groupe d'Etudes et de Recherche Permanent sur l'Industrie et les Salariés de l'Automobile) à l'ENS Cachan
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......