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A Cherbourg, le 24 septembre, des pêcheurs participent à une manifestation contre un parc éolien en mer

Les petits pêcheurs dans la tourmente

12 min
À retrouver dans l'émission

Depuis le Brexit, les pêcheurs français doivent progressivement renoncer à certains de leurs droits. Que peuvent les négociations franco-britanniques pour préserver le sort des pêcheurs ? De quels autres problèmes souffre la pêche française ?

A Cherbourg, le 24 septembre, des pêcheurs participent à une manifestation contre un parc éolien en mer
A Cherbourg, le 24 septembre, des pêcheurs participent à une manifestation contre un parc éolien en mer Crédits : Sameer Al-DOUMY - AFP

L'accord commercial (TCA - Trade and Cooperation Agreement) conclu entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne l'hiver dernier prévoit une réduction sur plusieurs années des droits de pêche français dans la Manche. Outre le Brexit, ce sont les parcs d'éoliennes offshore (en haute mer) qui donnent du grain à moudre aux pêcheurs. Leur activité économique est-elle menacée par ces développements ? Comment se laissent résoudre les conflits d'usage en mer du Nord ? Plus largement, comment le marché de la pêche a-t-il été réorganisé par la pandémie ?  

Pour répondre à ces questions, Baptiste Muckensturm s'entretient avec Pascal Le Floc’h, économiste, maître de conférences hors classe à l’Université de Bretagne Occidentale.

Les pêcheurs pris dans la tourmente internationale

Pour Pascal Le Floc'h, les difficultés des pêcheurs français à exercer leur activité autour des îles anglo-normandes fait date : si les Britanniques font usage de leur pouvoir réglementaire retrouvé pour peser dans les négociations avec les Européens, la question des droits historiques de pêche est ancienne, et c'est littéralement un problème de taille : 

On distingue deux types de flottilles : les navires de plus de douze mètres, qui ont l'obligation d'être équipés d'une balise GPS pour les suivre à la trace, alors que ce n'est que optionnel pour les navires de moins de douze mètres. Les Britanniques jouent sur cet aspect.

Ce sont essentiellement des navires de moins de douze mètres sur les ports qui sont concernés par les pêcheries de proximité, mais qui ne sont pas équipés de ces balises. Donc, ils ne peuvent pas démontré par ce suivi satellitaire leur activité de pêche. Ce ne sont que des droits historiques. Pascal Le Floc'h

Le faible nombre de licences accordées par les pouvoirs publics britanniques hier pèse lourdement sur les pêcheurs normands et bretons : 

Ce sont quand même 304 navires de moins de douze mètres qui sont concernés, c'est-à-dire qui ont déclaré au moins un mois d'activité. Et sur ces 304 navires, le taux de dépendance économique, c'est pratiquement 50%.

Les Britanniques ont le poisson et les Européens ont le marché. On voit bien qu'il faut les deux aspects pour que ça fonctionne. Pascal Le Floc'h

Eoliennes et coquilles St. Jacques 

Ce n'est pas tout : les pêcheurs de Saint-Malo et Saint-Brieuc s'opposent actuellement à un plan d'éoliennes en mer décidé en 2013. Issu du Grenelle de l'Environnement, ce projet d'installation de 22 éoliennes a initialement joui d'un consensus avec les pêcheurs. Qu'est-ce qui a changé ?    

Comme il y a eu des recours administratifs, les travaux n'ont commencé que récemment, donc dix ans plus tard, on n'a plus la même génération de pêcheurs et qui ne sont plus soumis aux mêmes contraintes qu'il y a une décennie. 

Le changement d'avis s'explique aussi par la migration des coquilles St. Jacques. Le principal gisement de 2013 s'est déplacé vers le lieu d'installation des éoliennes en mer. Pascal Le Floc'h

Intervenants
  • Maître de conférences à l'Université de Brest, chercheur au laboratoire AMURE
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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