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Nantes, ville accueillante

14 min
À retrouver dans l'émission

Alors que le président français s'est montré réservé sur l'accueil de réfugiés afghans en France, la ville de Nantes a, parmi d'autres, déclaré son intention d'accueillir des personnes fuyant le nouveau pouvoir à Kaboul. Comment se déroule cet accueil ?

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. Crédits : Corinne Eichler - AFP

2 600 civils afghans ont trouvé refuge en France depuis la chute du gouvernement pro-américain en Afghanistan. Une fois leurs demandes d'asile étudiées par l'OFPRA, ces personnes ont été réparties sur le territoire français.    

Comment cette décision a-t-elle été prise ? Comment se projettent les Afghans arrivés en France ? Nous en parlons avec Anouk Flamant, maîtresse de conférences en science politique à l'INSHEA.

L'asile dans les régions

Arrivés par avion, passés par une période d'isolation et des contrôles de sécurité d'ampleur, les réfugiés afghans en France ont été aiguillés vers différentes régions, explique Anouk Flamant :

On tend à rendre obligatoire cette dispersion pour qu'ils accèdent au soutien auquel ils ont droit lors de leur procédure d'asile. Ils ont donc été dispersés dans plusieurs grandes villes de France qui n'avaient pas trop de demandeurs d'asile.

Une clé de répartition appliquée au niveau régional ne permet quasiment plus d'accueillir de personnes en Île-de-France, très peu dans les Hauts-de-France et plutôt dans des territoires où il y a encore des capacités d'hébergement disponibles. 

L'idée est aussi de supprimer ces camps qui interpellent une partie de nos citoyennes et citoyens sur les conditions d'accueil de ces populations, et qui donc potentiellement créent de la mobilisation contre des régimes migratoires sécuritaires. Anouk Flamant

Des discours d'accueil épars

Nantes, Lyon, Grenoble, Bordeaux, Tours ou Besançon ont adopté un discours d'accueil face à l'arrivée de réfugiés afghans. Un choix politique qui n'est pas sans histoire, selon Anouk Flamant :

C'est un choix politique qui s'inscrit souvent dans des politiques plus anciennes d'accueil, de réflexion sur des dynamiques d'intégration sur le temps long des populations étrangères. Ce qui est le cas par exemple à Nantes, où ces enjeux-là sont traités par la municipalitédepuis une bonne quinzaine d'années.

On pourrait dire qu'il y a une sorte de dynamique entre l'Etat qui ne serait plus que sur des politiques de contrôle de ses frontières, d'externalisation de ses frontières, et puis des villes à qui on laisserait les politiques d'accueil et d'insertion des populations qui arrivent.

Si les villes s'invitent régulièrement pour dire qu'elles peuvent mettre en place des politiques d'accueil sur leur territoire, Johanna Rolland [la maire de Nantes, ndlr] rappelle aussi qu'elles n'ont pas certaines compétences. Elles n'ont pas les financements pour certaines dispositifs, et notamment les dispositifs d'hébergement, qui sont ceux qui manquent le plus cruellement aujourd'hui. Anouk Flamant

Intervenants
  • Politiste, maîtresse de conférences en sciences politiques à l'INSHEA
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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