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Gilberto Gil et "Notre Innocence"

4 min
À retrouver dans l'émission

La tournée européenne de Gilberto Gil et la nouvelle pièce de Wajdi Mouawad

« Toda Menina Baiana », par la légende brésilienne Gilberto Gil, qui sera ce soir à la Seine musicale sur l'île Seguin, pour une seule date à Paris. Bon, évidemment, c’est complet, mais on peut se faire plaisir quand même en écoutant ses chansons et on peut aussi réserver pour les prochaines dates, attention il y en a peu en France, le 28 juin à Blainville Crevon et le 10 juillet à Arles. 

Gilberto Gil a créé en 2016 un trio avec le musicien Nando Reis et la chanteuse Gal Costa, qu’ils ont baptisé le « brelan d’as», « Trinca de Ases » nom qu’ils ont donné à leur dernier album et à la tournée qu’ils viennent d’entamer sur le vieux continent. Guitares, percussions et mélodies enveloppantes : de quoi aller chercher un peu de soleil et chasser le froid et l'hiver qui s’annoncent encore pour le weekend !...

Un autre bon moyen de se réchauffer, ce peut être d’aller au théâtre, pour partager un peu de sensible, par exemple en allant voir la nouvelle pièce du dramaturge et metteur en scène Wajdi Mouawad, Notre innocence, qui vient de commencer au théâtre national de la Colline à Paris.

Image de "Notre Innocence" au théâtre de la Colline à Paris
Image de "Notre Innocence" au théâtre de la Colline à Paris Crédits : Simon Gosselin

Autant le dire tout net : on est sorti profondément ému de ce spectacle dont la première était mercredi. Peut-être parce qu’il résonne avec nos histoires individuelles et collectives. 

C’est l’histoire d’un groupe d’amis confronté au décès brutal de l’une des leurs, Victoire, qui avait comme eux une vingtaine d’années seulement, et qui est tombée de la fenêtre de son appartement. Mais c’est aussi l’histoire d’un spectacle, né à l’automne 2015, traversé par deux traumatismes : les attentats du 13 nov qui a confiné au théâtre pour la nuit les jeunes comédiens qui répétaient, et la mort d’une des élèves peu de temps après.

Aujourd’hui ils sont dix-huit sur scène âgés de vingt-trois à trente ans, et ils expriment leurs sentiments, leur colère, leur détresse, l’occasion d’entendre sur le plateau ce qu’une partie de la jeunesse a à dire, ce qu’ils portent de l’histoire de leurs parents, ce dont ils sont les dépositaires, comment ils aiment, ce qui les meut, individuellement et collectivement, la confusion qui est la leur... Mais c’est aussi, et c’est tout le talent de l’auteur et metteur en scène, du théâtre, de la fiction, du conte. « Quand la disparition de l’un devient révélation pour soi, alors du nom de Victoire peut éclore l’élan de la vie », écrit W Mouawad. Un grand moment.

Notre innocence, c’est à la Colline jusqu’au 11 avril, et on espère en tournée ensuite.

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