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Comment écrire après la catastrophe ?

59 min

Fukushima, récit d'un désastre
Fukushima, récit d'un désastre

L’après-guerre au Japon a été marquée par l’émergence d’un genre littéraire à part entière : la Genbaku bungaku, "la littérature de la bombe atomique". Poèmes, récits, romans décrivent les scènes de destruction, la survie des rescapés mais aussi des destins individuels marqués par la discrimination. Pluie noire de Masuji Ibuse publié en 1969 appartient à ce genre. Plus près de nous, des romans d’anticipation ont raconté l’anéantissement de l’archipel, comme c’est le cas avec La submersion du Japon, publié en 1973 par Sakyo Komatsu. La catastrophe du 11 mars 2011 va-t-elle produire une vague d’ouvrages ? A quoi sert l’écriture dans les décombres ? Est-ce que le romancier va plus loin que le journaliste ? Nous entendrons également l’écrivain Haruki Murakami, enregistré le 9 juin 2011 à Barcelone. Il définit le rôle des écrivains en ces termes : « Nous devons inventer de nouvelles histoires vibrantes et les laisser germer. Nous pourrons ainsi partager ces histoires. Elles doivent avoir un rythme qui peut entraîner les gens, comme les chants des paysans pendant le semis. C’est de cette manière que nous avons pu reconstruire un Japon complètement détruit par la guerre. Aujourd’hui, nous devons revenir à ce point de départ. »

Avec Yoko Tawada et Mickael Ferrier .

Née en 1960 à Tokyo, diplômée des universités de Waseda, Hamburg et Zürich, Yoko Tawada vit en Allemagne depuis 1982. Cette romancière, également essayiste, dramaturge et poète, poursuit deux œuvres parallèlement, en allemand et en japonais, toutes deux reconnues par les prix littéraires les plus prestigieux . Sa manière singulière, surprenante, bouscule les conventions, linguistiques et culturelles, en offrant de nouvelles perspectives à une « mondialisation alternative », axée sur la diversité. Ses personnages traversent les pays et les paysages pour inventer une autre façon de les regarder. Dense et audacieuse, son œuvre s’engage aussi dans les débats d’aujourd’hui, en réaction à la triple catastrophe du nord-est du Japon.

Né en 1967 à Strasbourg, Michaël Ferrier est ancien élève de l’École Normale Supérieure, agrégé de Lettres Modernes et Docteur ès Lettres et Arts de l’Université de la Sorbonne. Il est aujourd’hui professeur titulaire à l’Université Chuo (Tokyo, Japon), où il dirige également le groupe de recherches « Figures de l’Étranger », et collaborateur à la revue Art press (rubrique Livres). Il est l’auteur de plusieurs articles sur la culture japonaise et a dirigé le recueil de textes La Tentation de la France, la Tentation du Japon – Regards croisés (2003) . Il a également publié deux romans : Kizu (La Lézarde) et Tokyo, petits portraits de l’aube. Son dernier ouvrage, Fukushima, récit d'un désastre est paru en 2011 chez Gallimard.

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