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Coparentalité et résidence alternée

3 min

Le 15 septembre, ce sont des pères rassemblés par le Collectif pour la coparentalité (COPCO) qui seront dans la rue. Je n’ai pas de sympathie particulière pour les hommes qui se présentent comme des victimes de la justice, incapable, selon eux, de faire respecter leur droit à exercer leur fonction paternelle, s’arrogeant le droit de faire justice eux-mêmes. Il n’empêche que la coparentalité mérite réflexion. De quoi s’agit-il ? De l’exercice conjoint de l’autorité parentale après la séparation du couple. Autrement dit, du partage de leurs droits et devoirs. Considérer que seules les mères s’opposeraient à la coparentalité ne correspond pas à la réalité si l’on veut bien regarder ce que les chiffres ne disent pas. Le collectif propose comme mesure phare que, lors d’une séparation, la résidence alternée soit fixée par défaut. C’est déjà le cas en Belgique, aux Etats-Unis, en Italie et dans les pays scandinaves. En France, depuis une bonne vingtaine d’années, la loi tend vers la coparentalité. Sommes-nous en retard parce que la législation actuelle n’assimile pas coparentalité à résidence alternée ? Je dois avouer que mon opinion n’est pas faite. Car au fond il s’agit de régler les situations minoritaires de séparations douloureuses pour ne pas dire insolubles. Dans la majorité des cas, si les parents sont d’accord pour la résidence alternée, elle est accordée par le juge, n’en déplaise à ceux qui prétendent que les pères n’osent pas la demander de crainte qu’elle leur soit refusée. Encore faut-il que la proposition soit raisonnable. En France, les juges sont sensibles aux études qui déconseillent la résidence alternée avant l’âge de 3ans. Les parents qui proposent une alternance tous les 2 jours doivent aussi revoir leur copie. L’égalité hommes/femmes transposée en « égalité parentale » sera-t-elle atteinte quand tous les enfants de parents séparés vivront en garde alternée ? Cela ressemblerait plutôt à une norme qui ne tiendrait pas compte des besoins des enfants, toujours évolutifs mais pas toujours égalitaires. Aujourd’hui, les pères qui peuvent assumer la garde alternée ne sont pas majoritaires. Ceux qui le peuvent n’en sont pas empêchés par la loi même lorsque la mère est réticente. L’imposer par défaut aurait-il une vertu pédagogique voire morale auprès de pères tentés de fuir leurs responsabilités ou de mères tentées par tous les moyens d’exclure le père car c’est toujours ainsi que les choses sont présentées? Peut-être…

On accuse la justice de ne pas suffisamment faire respecter la coparentalité quand elle est bafouée par l’un des parents. C’est en partie vrai. Mais en partie seulement. Car les moyens dont elle dispose pour contraindre un parent récalcitrant sont violents pour les enfants. On ne dira jamais assez aux parents procéduriers qui prétendent toujours agir dans l’intérêt de l’enfant, que le respect réciproque est la première condition à remplir. Il entraine parfois quelques renoncements. Mais que ne ferait-on pas pour ses enfants…

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