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Les sages-femmes en lutte

3 min

C’est en 1998 que Bernard Kouchner alors secrétaire d’Etat à la santé avait lancé l’idée des maisons de naissance. Quinze ans plus tard, le 28 novembre 2013, l’Assemblée Nationale a voté une loi sur « l’expérimentation des maisons de naissance ». Il s’agit d’un lieu, attenant à une maternité classique où les femmes qui ont une grossesse sans problème, dite physiologique, pourraient, si elles le souhaitent, être préparées, suivies avec leur conjoint et venir accoucher sans hospitalisation, sans médecin, sans péridurale qui nécessite la présence d’un anesthésiste et repartir chez elles 12h après la naissance où elles recevront plusieurs visites post-natales. En cas de problème imprévu toujours possible, la proximité de la maternité hospitalière est un gage de sécurité. Gérées par des sages-femmes, les maisons de naissance ont vu le jour aux Etats-Unis dans les années 70 et prospèrent en Allemagne, en Suisse et en Belgique. Elles répondent aux futurs parents qui souhaitent une approche moins médicalisée, plus humaine, plus globale en même temps qu’individualisée. Pour répondre en partie à cette demande, se sont créées au sein des services hospitaliers des « pôles physiologiques » tandis qu’une maternité comme les Bleuets tente de maintenir une approche sur mesure de toutes les grossesses.

Les sages-femmes qui devraient se réjouir restent cependant méfiantes : en grève depuis deux mois tout en continuant à travailler, elles manifestaient encore lundi dernier à la veille des décisions du Ministère de la santé les concernant. La sympathie du public et des obstétriciens leur est acquise quand elles réclament plus de considération et un salaire à la hauteur de leurs responsabilités. Depuis 2002, les études durent quatre ans à l’issue d’une première année de médecine où il faut être classé en rang utile. Conséquence : ce métier de vocation est parfois choisi faute de mieux par des étudiants qui auraient préféré faire médecine. Le salaire moyen en début de carrière est de 1700€ et de 2900€ en fin de carrière. Parmi les seize mille sages-femmes diplômées, 60% travaillent à l’hôpital public, 20% dans le privé, 13% en libéral et 5% en PMI.

Les revendications sur leur statut partent un peu dans tous les sens : par exemple, le statut de « praticien de premier recours » s’il était accordé impliquerait qu’une femme doive consulter la sage-femme avant l’obstétricien, ce qui n’est pas évident. Pas plus qu’il n’est évident que toutes les sages-femmes puissent obtenir un statut de praticien hospitalier réservé aux médecins avec le niveau d’études et les obligations qui vont avec. D’autant qu’ayant une autorisation de prescription de médicaments définie par la loi et une large autonomie lors du suivi de la grossesse, de l’accouchement et pour la contraception, elles font partie du personnel médical et ont accès à une formation universitaire complémentaire.

Une chose est certaine : les sages-femmes sont indispensables, elles exercent un métier passionnant, leur malaise est certain et il en va de l’intérêt général de redéfinir leur place.

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