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Nous sommes le 22 mai 2012

4 min
À retrouver dans l'émission

Ce sera donc aujourd’hui l’annonce officielle du projet socialiste devant le bureau national. Nous avons déjà les intentions de la première force de gauche, si le pouvoir lui échoit en mai 2012.

En tout cas, je profite de cette occasion pour signaler que la droite s’intéresse aussi à l’hypothèSE d’un président socialiste. La revue Commentaire a soumis une trentaine d’observateurs de la vie politique, de droite mais aussi de gauche (profils très divers) à un petit exercice ludique, une « expérience mentale », comme elle dit : « Supposons que les élections législatives de 2012 soient remportées par le Parti socialiste et ses alliés. Compte tenu de ce que sera, en 2012, la situation de la France et de l’Europe, et compte tenu de l’orientation probable de cet éventuel gouvernement : quelles sont, à vos yeux, les principales décisions qu’il devrait ou pourrait prendre ? »

Emmanuel Tod a déjà eu l’occasion de dire à ce micro qu’un parti qui rafle tous les élections locales et qui s’applique à rater les nationales est un parti qui, au fond, ne veut pas le pouvoir. J’ai bien peur, à la lumière de cette analyse, de ne pas recommander la lecture de ce dernier numéro de Commentaire , surtout pas,aux ténors socialistes: ils risquent en effet de ne plus en vouloir…du tout !

Car les premiers jours de gouvernement pour la gauche, ça ressemble à un cauchemar, du moins dans ces pages de Commentaire . Oui, un cauchemar car le prochain gouvernement n’aura aucune marge de manœuvre : « trente-cinq ans de budgets déficitaires, une dette qui approche 85% du PIB, la crise de la zone euro, la pression conjointe de l’Allemagne et des marchés financiers : il n’y a plus d’échappatoire » alerte Eric Le Boucher. A lire les uns et les autres, la situation économique de la France imposera non seulement le « réalisme » (ce que la droite appelle le réalisme, la soumission à l’idée qu’il n’y a pas d’alternative) non seulement le réalisme, mais son corollaire, une sévère cure d’austérité.

Comment alors un gouvernement de gauche pourra-t-il mener une politique conforme à son projet ?

Pour résoudre la difficulté, l’écrivain Marc Lambron imagine une alliance au centre, avec le Modem : « la realpolitik dominera ». Il n’est pas le seul, d’ailleurs, à supputer cette ouverture au centre, contre l’aile gauche du parti.

Pour faire face aux difficultés économiques, aux yeux d’Alain Duhamel, le choix est clair : c’est Pascal Lamy qui prendra Bercy ( quelle idée réjouissante !)…

Dominique Reynié, lui, voit plutôt François Hollande dans le rôle et il imagine la première nuit, agitée, du Président Strauss-Kahn : car dans la confusion quelques images apparaissent, nettement, au nouvel élu : la chute du premier gouvernement Aubry après six mois, juste six mois qui ont affolé les marchés et vu plusieurs dégradations de la France par l’agence de notation Moody’s. Pas de doutes : il va lui falloir se résoudre à rencontrer son successeur, le nouveau président du FMI. Oui, c’est bien un cauchemar !

Bon mais tout ça, ce n’est que de la fiction, même si le directeur de Commentaire , Jean-Claude Casanova, envoie à peu près le même message dans sa lettre fermée au futur Premier ministre. Il faudra donner des gages aux marchés, se montrer responsable.

Reste les institutions. Et là, les analyses venues de tous bords convergent, c’est plutôt intéressant. Il faut en finir avec l’hyper-présidence, retrouver un Premier ministre qui joue son rôle, conduise la politique de la nation et laisse au Président sa mission traditionnelle d’arbitre au dessus de la mêlée.

Et puis surtout il faut retrouver la confiance des Français, renouveler la classe politique en interdisant le cumul des mandats, l’idée est récurrente : interdire le cumul des mandats.

Enfin, on attend la fin du bling bling , le retour à la morale républicaine, à la « décence ordinaire », comme disait Orwell. Ce n’est pas rien, c’est même un préalable, expliquent les uns et les autres. Ca, la gauche est capable d’y arriver, on l’espère.

Les deux autres thèmes qui émergent sont sans surprise : le travail et la fiscalité. C’est les deux chantiers sur lesquels on suppute une certaine compétence, et même conviction, de la gauche.

Alors, si jamais les socialistes veulent jeter un œil sur la revue, ils s’amuseront, entre deux évocations du cauchemar qui les attend, du petit jeu savoureux de qui sera le candidat vainqueur. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire le ticket DSK président / Martine Aubry premier ministre est loin de faire l’unanimité. Je vous passe le succès de François Hollande, tantôt installé à l’Elysée, tantôt à Matignon, pour terminer avec cette prémonition de l’historien Jean-François Sirinelli : le retour de la cohabitation entendez Nicolas Sarkozy réélu et la gauche au Parlement.

Etait-il prévu que l’expérience mentale aille jusque là ?

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