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De l’éducation des filles

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L’enlèvement au Nigéria de deux cents adolescentes par une organisation terroriste suscite partout dans le monde une réaction d’une ampleur sans précédent.

La revendication première du groupe Boko Haram est qu’il convient pour que soit appliquée la charia dans toute sa rigueur d’arracher les filles à l’éducation occidentale : « boko » vient de « book », le livre, et « haram » signifie illicite ou interdit. Ces adolescentes soustraites à l’éducation « occidentale » seront vendues comme esclaves ou mariées, ce qui revient à peu près au même.

De nombreux penseurs dans le monde musulman ont protesté contre cette interprétation de l’islam ainsi Hassen Chalghoumi président dela communauté des musulmans de Drancy et auteur de l’ouvrage « Pour un Islam de France » s’exprimait ainsi sur Atlantico : « Les membres de Boko Haram sont des barbares et leurs agissements n'ont rien à voir avec l'islam. En tant qu'imam, je lance un appel pour que ces filles soient libérées »

Nombre de musulmans rappellent en effet l’attachement du prophète à l’éducation des filles : mais voyons un peu ce qu’en dit le site « aslim taslam », ce qui signifie « soumets-toi et tu seras sauvé ». « La femme musulmane a de nombreuses responsabilités, dont celle de ses actes devant Allah, comme tout Musulman. Il est donc indispensable qu’elle connaisse les principes de sa religion et ses devoirs afin de les respecter au mieux et d’obtenir la satisfaction d’Allah. Elle ne peut acquérir ce savoir que par une éducation et une instruction de qualité. »

Ce n’est pas exactement ce que, depuis les Lumières et même avant, on entend par instruction et éducation qui signifient plutôt, pour nous, l’apprentissage et le développement des facultés intellectuelles, par l’exercice de la raison et l’acquisition de connaissances. En somme « les livres » et non pas « le livre » unique, le Coran ou la Bible.

Mais cette affaire redonne de l’actualité à une question récurrente, à peu près aussi vieille que l’histoire de l’humanité, en tout cas à peu près aussi vieille que l’histoire de l’éducation : les femmes doivent-elles recevoir la même éducation, la même instruction que les hommes ?

Comme sujet de réflexion, je vous donnerai donc ce matin un extrait d'un discours de Jules Ferry, prononcé en 1870, en faveur de l’éducation des filles. Et voici ses raisons.

" Aujourd'hui, il y a une lutte sourde, mais persistante, entre la société d'autrefois, l'Ancien Régime, avec son édifice de regrets, de croyances et d'institutions qui n'accepte pas la démocratie moderne, et la société qui procède de la Révolution Française (...) Or, dans ce combat, la femme ne peut pas être neutre ; les optimistes ne s'aperçoivent pas du secret et persistant appui qu'elle apporte à cette société qui s'en va et que nous voulons chasser sans retour (...). C'est pour cela que l'Eglise veut retenir la femme, et c'est aussi pour cela qu'il faut que la démocratie la lui enlève ; il faut choisir, citoyens : il faut que la femme appartienne à la science ou qu'elle appartienne à l'Eglise (...) ."

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