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Des écoles sans écran

3 min

Il y a de la religiosité dans la manière dont on parle de la « culture numérique », cet environnement de smartphones, tablettes, ordinateurs, et écrans en tout genre. L’accès de tous à tout ce bazar est l’horizon politique le plus anxieusement réclamé : la « fracture numérique » c’est-à-dire l’accès inégal aux technologies de l’information, est ainsi présentée comme redoublant toutes les autres injustices subies, notamment par les pays pauvres, les pays du Sud. Et naturellement l’école n’y échappe pas : si elle marche aussi mal, et avec aussi peu de résultats, c’est dit-on qu’elle n’est pas encore informatisée de part en part et que les enseignants y résistent, ou sont insuffisamment formés pour ça.

Du coup, on s’extasie sur les écoles tout-numériques et on place les enfants dès l’âge de deux ans devant des écrans. Sans que la preuve ait été apportée de leurs bienfaits : au contraire. Des spécialistes de neurosciences comme Michel Desmurget dans son livre TV Lobotomie - la vérité scientifique sur les effets de la télévision (publié en 2011), dénoncent pourtant leur danger pour le développement cognitif de l'enfant. Tandis que d’autres mettent en lumière les échecs nés d’un apprentissage de la lecture sur écran. Et de l’écriture sur clavier.

Naturellement, on ne veut pas les entendre. Et pourtant des voix qui s’élèvent . Toutes ces machines sont la source d’un profit considérable. L’éloge de leurs bienfaits supposés ne serait-il pas dicté par ces multinationales de l’informatique, qui asservissent les populations qui les fabriquent et abêtissent ceux auxquels on les vend ?

C’est pour cela que j’ai été très intéressée par un article trouvé sur le blog de Médiapart, en date d’octobre 2013. On y lisait qu’aujourd’hui aux Etats Unis se sont ouvertes des écoles privées fort chères, des écoles sans écrans , sans ordinateurs et autres tablettes. L’ « élite » est prête à dépenser beaucoup pour avoir des enfants qui grâce au stylo et à la feuille de papier seront capables d’imagination, d’abstraction, et d’aisance dans le maniement des concepts, Une aisance qui est en train d’échapper aux nouvelles générations exposées de plus en plus précocement aux écrans.

Ce sera ça, la fracture numérique : une masse abêtie par la drogue numérique, et une élite ayant accès au raisonnement et à la pensée par l’apprentissage méthodique du langage au travers de la lecture et de l’écriture manuelle.

Des expériences similaires ont été tentées déjà au Québec : une semaine, voire dix jours, sans télévision, jeux vidéos ni ordinateur. Cela vient, en France, aussi. Par exemple pour éviter qu’après la classe les enfants se précipitent sur la télé et les jeux vidéos. Ainsi toute une série d’activités est proposée dans une école à Paris près des Buttes-Chaumont. Car il faut aussi aider « les parents à aider leurs enfants à se passer des écrans »,

Les résultats sont « palpables » : déjà deux, modestes, les élèves ont mieux fait leurs devoirs, et ils arrivent moins fatigués le matin.

C’ est déjà ça. Encore un effort !

Il y a de la religiosité dans la manière dont on parle de la « culture numérique », cet environnement de smartphones, tablettes, ordinateurs, et écrans en tout genre. L’accès de tous à tout ce bazar est l’horizon politique le plus anxieusement réclamé : la « fracture numérique » c’est-à-dire l’accès inégal aux technologies de l’information, est ainsi présentée comme redoublant toutes les autres injustices subies, notamment par les pays pauvres, les pays du Sud. Et naturellement l’école n’y échappe pas : si elle marche aussi mal, et avec aussi peu de résultats, c’est dit-on qu’elle n’est pas encore informatisée de part en part et que les enseignants y résistent, ou sont insuffisamment formés pour ça.

Du coup, on s’extasie sur les écoles tout-numériques et on place les enfants dès l’âge de deux ans devant des écrans. Sans que la preuve ait été apportée de leurs bienfaits : au contraire. Des spécialistes de neurosciences comme Michel Desmurget dans son livre TV Lobotomie - la vérité scientifique sur les effets de la télévision (publié en 2011), dénoncent pourtant leur danger pour le développement cognitif de l'enfant. Tandis que d’autres mettent en lumière les échecs nés d’un apprentissage de la lecture sur écran. Et de l’écriture sur clavier.

Naturellement, on ne veut pas les entendre. Et pourtant des voix qui s’élèvent . Toutes ces machines sont la source d’un profit considérable. L’éloge de leurs bienfaits supposés ne serait-il pas dicté par ces multinationales de l’informatique, qui asservissent les populations qui les fabriquent et abêtissent ceux auxquels on les vend ?

C’est pour cela que j’ai été très intéressée par un article trouvé sur le blog de Médiapart, en date d’octobre 2013. On y lisait qu’aujourd’hui aux Etats Unis se sont ouvertes des écoles privées fort chères, des écoles sans écrans , sans ordinateurs et autres tablettes. L’ « élite » est prête à dépenser beaucoup pour avoir des enfants qui grâce au stylo et à la feuille de papier seront capables d’imagination, d’abstraction, et d’aisance dans le maniement des concepts, Une aisance qui est en train d’échapper aux nouvelles générations exposées de plus en plus précocement aux écrans.

Ce sera ça, la fracture numérique : une masse abêtie par la drogue numérique, et une élite ayant accès au raisonnement et à la pensée par l’apprentissage méthodique du langage au travers de la lecture et de l’écriture manuelle.

Des expériences similaires ont été tentées déjà au Québec : une semaine, voire dix jours, sans télévision, jeux vidéos ni ordinateur. Cela vient, en France, aussi. Par exemple pour éviter qu’après la classe les enfants se précipitent sur la télé et les jeux vidéos. Ainsi toute une série d’activités est proposée dans une école à Paris près des Buttes-Chaumont. Car il faut aussi aider « les parents à aider leurs enfants à se passer des écrans »,

Les résultats sont « palpables » : déjà deux, modestes, les élèves ont mieux fait leurs devoirs, et ils arrivent moins fatigués le matin.

C’ est déjà ça. Encore un effort !

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