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Education et instruction

4 min

Est-ce que l’école doit se charger entièrement de l’éducation des enfants sur tous les plans, ou se contenter de l’instruction, de l’enseignement des savoirs ? Aujourd’hui par exemple certains parents considèrent qu’elle va trop loin quand elle s’immisce sur le terrain de la morale, de la sexualité.

Il y a bien de la différence entre les deux termes : le mot « éducation » est directement issu du latin educatio du verbe ducere qui signifie conduire, guider. En particulier dans le domaine des valeurs. Instruire, l’instruction, c'est en revanche transmettre à la génération future un certain nombre de connaissances. .

On se souvient que pendant longtemps le ministère de l’éducation s’est appelé « ministère de l’instruction publique ». C’est une affaire politique, de première importance : celle du rôle de l'État dans les affaires d'enseignement. Evoquée dès 1789, l’instruction publique est dotée avec l’empire d’une structure forte, l'Université impériale, corporation laïque qui, à la Restauration, est jugée trop indépendante du roi et de la religion : une Commission de l'Instruction publique devient en 1828, un ministère à part entière, et l’Eglise ne cessera d’y revendiquer sa participation au nom d’une prétendue « liberté d’enseignement » si férocement brocardée par Victor Hugo.

Séparée de l’église sous la IIIème république, l’instruction publique devient en 1932, avec Édouard Herriot "éducation nationale" : premier signe d’une confusion dont l’instruction aura à pâtir. Plus encore quand VGE en retirera l’épithète « nationale » C’est pour cela que JP Chevènement se voulait « ministre de l’instruction publique »... C’est l’instruction qui doit être le rôle de l’état. Comme le disait un texte de l’époque de la Révolution : « L’instruction publique éclaire et exerce l’esprit, l’éducation doit former le cœur »

Et Catherine Kintzler précise : c’est l’opposition entre d’un côté, les tenants d’un modèle visant à former l’enfant dans sa totalité au sein de l’école et, de l’autre, ceux qui, tel Condorcet, « estiment que l’éducation revient à la famille quand le rôle de l’école doit se limiter à l’instruction », à l’ enseignement des savoirs et des connaissances.

Alors, aujourd’hui ? Il est clair que les contours sont brouillés. Certains parents s’opposent à ce que l’école traite la question du genre, mais sont-ils vraiment et d’abord des défenseurs de l’instruction, au sens pur et dur ? Ce sont des enjeux politiques et religieux qu’ils défendent.

Et cependant, on ne dira pas qu’ils aient entièrement tort : l’école doit se limiter à l’instruction. Mais l’acquisition de connaissances et de savoirs ne se produit pas des effets seulement et purement intellectuels : former la raison et le raisonnement, cela a des conséquences éducatives. Cela apprend à se défaire de certaines illusions, de beaucoup d’erreurs et de préjugés.

C’est dans l’exercice de la raison, du jugement, de la rigueur qu’on puisera la force de combattre certains stéréotypes, non dans l’enseignement d’un catéchisme politiquement correct.

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