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Histoire de l’enseignement féminin en France

3 min

Aujourd’hui on se préoccupe beaucoup d’introduire dans l’enseignement une réflexion sur la question du genre, ou même ce qui suffirait peut-être sur les rôles sociaux attribués aux deux sexes. Et presque tout le monde se félicite de la mixité de l’enseignement.

Mais on a oublié que l’idée d’un enseignement pour les filles n’allait pas de soi pendant longtemps.

En particulier celle d’un enseignement secondaire pour les filles.

On pense que tout a été résolu en 1880 avec la loi Camille Sée qui instituait les Lycées de jeunes filles. Ce n’est pas si simple, et j’ai eu l’occasion d’y penser en aller hier à Angers assister dans mon ancien lycée, le lycée Joachim du Bellay, aux fêtes du « Centenaire des cours secondaires feminins d’Angers. »

1913, donc trente ans après la loi Sée.

Faisons un peu d’histoire. C’est avec le Second Empire que commence un timide travail d’alignement sur l’enseignement donné aux garçons. Mais les programmes sont différents, et correspondent aux rôles sociaux l’éducation morale et religieuse y tient une grande place ainsi que les travaux d’aiguille et la puériculture. D’autre part, ce sont les couvents et congrégations qui prennent majoritairement en charge l’éducation des jeunes filles.

Pour l’enseignement secondaire, il n’y a que deux bachelières avant 1870, et et cette question est le cheval de bataille des féministes de l’époque. Une première école professionnelle pour jeunes filles ouvre en octobre 1862 mais c’est une école de couture.

Il faut donc attendre les débuts de la III ème république : juste avant la réforme de l’enseignement primaire, la loi Camille Sée institue le 21 décembre 1880 les Lycées de Jeunes filles. Complétée par la création de l’Ecole normale supérieure des jeunes filles de Sèvres, dont j’ai eu l’honneur d’être élève, depuis fuisonnée avec la rue d’Ulm.

Les programmes cependant ne sont pas les mêmes : ils ne visent pas à préparer les jeunes filles au baccalauréat mais à un simple diplôme de fin d’étude. Le grec est absent etc… Et toujours, un enseignement des travaux d’aiguille..

Mais la loi n’est pas appliquée partout, tant s’en faut.

Ainsi à Angers, où le premier collège féminin ne s’ouvre qu’en 1913. Dans cette région marquée par une forte pression des milieux conservateurs et catholiques, on traîne les pieds. Le premier collège féminin s’ouvre à Saumur,et ce n’est pas un hasard : c’est la ville qui connut son grand moment de rébellion au 16ème siècle, avec la réforme et la création de son Académie protestante. Un collège laïque de filles s’ouvre à Saumur en 1881 avant même la promulgation de la loi Camille Sée.

Et donc bien avant Angers où les choses prennent beaucoup plus de temps.

Micheline Neveu et Marie-Louise Triollet en ont écrit l’histoire en 1997. Un cours secondaire de Jeunes Filles est ouvert en 1880 mais il rencontre une vive résistance des familles et des milieux religieux, et doit fermer en 1885. Il ne renaît qu’en 1913 et ne devient collège qu'en 1923.

Il ne devient lycée qu’en 1945.

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