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L'école Boulle

3 min

Vous connaissez tous cette école et lycée de métiers artistiques.

Pourquoi je veux vous en parler ? Parce que quelque chose m’a effrayée on dit que si les Français sont la population la plus pessimiste du monde, c’est à cause de l’école. Non seulement elle ne les a pas aidés à trouver du travail, mais elle les a découragés en stigmatisant leurs erreurs au lieu d’encourager leurs réussites.

L’école continuerait d’être une école élitiste, avec un enseignement et des procédures destinées à faire émerger les meilleurs, abandonnant tous les autres en cours de route. D’autre part, elle réprimerait les capacités individuelles, le goût de l’oral, de l’intervention en classe etc… Les Français prendraient donc à l’école l’habitude d’obéir, la peur d’être inventifs ou créatifs.

Si c’est vrai, c’est très grave. A la fin du XIXème siècle, la grande majorité des Français ne dépasse pas l’école primaire. La sélection par l’école sert à faire émerger une élite qui ne soit pas une élite de l’argent ou de la naissance. Tout va changer avec la démocratisation croissante de l’école : si la majorité fait des études, si 80% va jusqu’au bac, il est évident que l’école ne fera pas de tous cette élite peu nombreuse qui va diriger le pays. Il faut cependant que tous tirent leur profit de leur passage à l’école. En termes de connaissances, en termes de formation, en termes d’emplois.

C’est ce qui a inspiré tous les réformateurs depuis plus de trente ans. Avec succès ? Non : c’est un fait. Alors est-ce parce qu’on a continué à faire une école du XIXème siècle ? Non plus : les formations d’excellence aussi sont en crise. Or on ne peut s’en passer.

Un enseignement démocratique, c’est un peu la quadrature du cercle : il faut continuer de préparer les meilleurs dans des filières d’excellence, tout en assurant à tout le monde une vraie formation. On a concentré tout le système autour des études générales, qu’on veut mener le plus loin possible pour tout le monde : or c’est ça qui ne marche pas.

Est-ce qu’on n’a pas commis une grave erreur en déconsidérant le travail manuel ? En l’opposant au travail intellectuel? Je suis pour une longue période de formation générale, mais n’est-elle pas trop abstraite ? Il faut assurer les fondamentaux, la lecture, l’écriture, donner de solides bases pour se repérer dans les sciences, dans l’espace et dans le temps, histoire-géo, mais il faut aussi leur associer très tôt des enseignements où l’activité de la main se conjugue avec celle de la pensée. Avec des passerelles vers l’apprentissage de certains métiers on ne trouve personne en ce moment pour les métiers du bâtiment. 300 000 emplois à pourvoir ! En période de chômage aggravé, ce n’est pas rien.

C’est pour cela que je me suis souvenue d’une visite que j’ai faite à l’école Boulle.

Quand on voit les trésors d’intelligence et de sens pratique qui s’y déploient, quand on voit la qualité de l’enseignement pluridisciplinaire qu’on y dispense, je voudrais qu’on reconstruise tout le système secondaire sur ce modèle. Ils ne sont pas déprimés, les jeunes qui y sont, et qui en sortent, croyez-moi.

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